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LA HONGRIE
debourgs, de culottes à pont-levis, et chaussé de hautes bottes. Il me dit
qu’il avait d’abord été pasteur en Croatie. Nous touchâmes à bien des
sujets.
— Comment, lui demandai-je, la réformation a-t-elle été introduite en
Hongrie?
— Calvin, me dit-il, la prêchait en Suisse ; un prêtre, nommé S taray
Milialy, se rendit auprès de lui, faisant la route à pied ; il embrassa la nou
velle doctrine, revint en Hongrie, et s’en alla de village en village prêcher
la réforme. Comme il avait une belle voit et savait jouer du violon, il
s installait sur la place publique, chantait des airs hongrois, et quand la
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Le condamné était retenu par un collier de fer.
foule avait fait cercle autour de lui pour l’écouter, il se mettait à prêcher;
Je plus souvent on le chassait, mais quelquefois on l’écoutait. Dans notre
comitat, ce sont les seigneurs qui les premiers ont passé au calvinisme.
Jusqu’à Joseph II, la religion protestante ne fut que tolérée; maintenant
encore les reformes ont tous les frais du culte et 1 entretien des pasteurs à
leur charge.
— Quelles sont ’s os relations avec les prêtres catholiques? demandai-je
au pasteur.
— Excellentes. On n a pas souvenir d’un conflit entre un membre du
clergé protestant et du clergé catholique. Les haines religieuses sont incon
nues chez nous. Dans les villages mixtes, on voit le pasteur venir une ou
deux fois la semaine s’attabler an coup de midi chez le prêtre catholique.