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PREMIERES NOTIONS
d’abuser. Par conséquent, on admettait qu'un pro-
priétaire était libre de laisser sa terre en friche ou,
comme cela s'est fait 3 maintes reprises en Angle-
terre, d’expulser des villages entiers de paysans
et de faire de ses immenses domaines des ter-
rains de chasse pour y tirex le faisan ou le coq de
bruyére. On I'admet difficilement aujourd’hui, de-
puis que la guerre a donné a cet égard — comme
dans beaucoup d autres domaines — des legons sin-
gulierement éloquentes.
En France pendant la guerre le governement a
décrété que tout propriétaire serait obligé de mettre
sa terre en culture et que s'il la laissait en friche,
elle serait cultivée par le voisin ou, a défaut du
voisin, par la commune. C'est la une illustration
remarquable de cette conception nouvelle de la pro-
priété. Il est vrai que la loi n’a pas partout été appli-
quée, mais cependant elle I'a été en certaines ré-
gions. Et méme des sociétés ont été constituées pré-
cisément pour mettre en culture les terres abandon-
nées par leur propriétaire.
D’ailleurs, le caractére absolu de la propriété
ne se trouve pas chez les peuples issus d'une autre
civilisation que celle de Rome. La législation mu-