D'ECONOMIE POLITIQUE
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n'y pas toucher. Quand on emprunte de I’argent
c’est soit pour le dépenser improductivement —
pour le manger comme on dit, comme font les
fils de famille, ou sur une beaucoup plus grande
échelle les Etats — soit pour le dépenser d'une
facon productive en créant quelques entreprises
lucratives. Mais dans un cas comme dans 1’autre,
[argent prété sera toujours dépensé. En sorte que
quand viendra le jour de I’échéance, il n’y aura
plus entre les mains de I’emprunteur une seule des
pieces d'argent prétées. Donc il ne pourra rem-
bourser qu’a la condition d’avoir reconstitué une
somme d’argent égale a celle qu'il a recue. Or,
ce n'est pas toujours facile et ce n'est pas toujours
réalisé. Et si 'emprunteur n’a pas réussi 3 ressus-
citer la valeur qu'il a recue, qu'arrive-t<l? II
devient ce qu'on appelle un débiteur insolvable;
s'il est commercant, il est mis en faillite. Il est
déshonoré commercialement ou du moins il perd
toute espéce de crédit, et sa situation. Ei ceci est
peu de chose encore a coté du sort qui était réservé
au débiteur insolvable, autrefois! Cest un drame
épouvantable que celui des débiteurs qui n’ont pas