PREMIERES NOTIONS
I’abeille qu'elle travaille non pas pour elle mais
pour la ruche, et sans doute en a-t-elle conscience.
LE CAPITAL
SR ——
Voila pour les origines du travail, mais
voici une autre notion qui apparait déja chez les ani-
maux : c'est celle de la propriété. Propriété est un
mot trop ambitieux ici, car il est tout chargé de sens
par une évolution multi-séculaire; disons simple-
ment 1’appropriation; c’est-a-dire ce fait de I'étre
vivant de voir dans le monde extérieur certains
objets qui semblent répondre a ses besoins, qui
excitent chez lui le désir et qu'il cherche alors a
s’approprier, a « faire siens » dans le sens profond
du mot. Or, le premier acte d’appropriation pour
faire une chose sienne, c'est de |’absorber. de la
consommer.
Il suffit de regarder les petits enfants. Comme ils
serrent dans leurs petits poings I'objet qu'on leur
donne et comme ils crient ou pleurent quand on
veut le leur enlever! Ils ont I'instinct de I’appropria-
tion au plus haut degré. Comment I’expriment-ils?
En portant l'objet 4 la bouche pour I’avaler, parce
qu'il n’y a pas de meilleur moyen pour s’approprier
une chose que de I'absorber, de I'ingérer. C'est ce