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savez que chacune des parties désigne son arbitre, ou bien
encore le Président de la Chambre Arbitrale, suivant un autre
système, les nommerait aux lieu et place des intéressés : mais
quand les parties (ou les arbitres) s’apercevront qu’il y a une
difficulté à résoudre, une question juridique importante, nous
avons voulu, dans le règlement élaboré récemment à Paris,
ouvrir largement la porte comme ayant voix au chapitre, non
seulement aux arbitres, mais encore aux avocats, aux avoués,
aux agréés en exercice ou en retraite, aux membres des tribu-
naux de commerce et des chambres de commerce, aux experts
zomptables, ete. Nous avons donc stipulé que chacune des
sarties intéressées pouvait soit venir elle-même à l’arbitrage,
soit s’y faire représenter si ses affaires l’empéchaient d’y assis-
ler, et même encore s’y faire assister par tout mandataire à
son choix, et mandataire peut vouloir dire avocat. si vous le
voulez ainsi.
Donc, faisons confiance à l’expérience, car rien en ce monde
ae s’édifie sans la collaboration patiente et quelquefois doulou-
reuse du temps.
Je ne crains pas l’usage de la liberté, parce que justement
si nous commettons des fautes nous nous corrigerons par
notre propre vertu sans aller chercher ailleurs un sauveur
“A pplaudissements). ;
Une dernière observation. J’ai lu dans le Règlement de la
Société pour la Défense du Commerce et de l’Industrie une
phrase qui me paraît devoir être méditée “il est dit que le
règlement en question ne peut être utilisé que par les membres
de l’association eu-mêmes, mais on exclut les étrangers.
Du reste, je vais vous donner lecture de cet article 7 :
« Seuls les membres de la Société pourront profiter des
présentes dispositions, mais ils pourront constituer un
arbitrage avec une partie qui n’appartiendra pas à la
Société >».
Par conséquent, lorsque deux tommerçants ne seront pas
membres de la Société pour la Défense du Commerce de Mar-
seille, ils ne pourront pas venir vous demander de résoudre,
par votre arbitrage, les difficultés qui les divisent. Eh bien,
je ne crois pas cela de bonne politique. J’estime que pour le
rayonnement de votre Association, il serait bon de ménager
un accueil plus large et d’accepter même les non-adhérents :
ils deviendraient certainement, demain, membres de votre
Société : ils auraient appris à apprécier vos services et ils