DES OniGINES DU ZOLLVEREIN. 3
antipathies religieuses, finit même par obtenir la
sanction du fameux traité de Westphalie conclu en
1648. Il arriva ainsi que, tandis que chez nous le
temps, les mœurs et une politique habile avaient
amené successivement la fusion de bon nombre de
territoires autrefois indépendants les uns des autres
en une monarchie fortement constituée, où il n’y
avait place que pour l’exercice d’un seul pouvoir
souverain non moins universellement respecté que
reconnu, et où la communauté du régime devait
nécessairement entraîner à sa suite la communauté
des efforts et des institutions, chez nos voisins, au
contraire, il n’y a guère eu jamais, auxépoques vers
lesquelles notre pensée se reporte, que les appa
rences d une centralisation, assez énergique sous
certains règnes, mais s affaiblissant par degrés, atta
quée victorieusement par les grands et les petits
vassaux de l'Empire, aux prises ensuite avec la mai
son royale de Brandebourg, qui devint soudaine
ment une puissance, et obligea dès ce moment le
Midi à compter avec le Nord, en attendant qu’il eût
à subir sa loi, battue complètement en brèche par
les armées révolutionnaires de la France, et venant
enfin proclamer elle-même la fin de son existence si
troublée dans l’acte où le petit-fils de Marie-Tliérèse
abdiquait sa qualité depuis longtemps nominale
d’Empereur d’Allemagne !
Mais le bien germe quelquefois dans l’excès du
mal I A côté des intérêts généraux en souffrance.