Full text: L'Impôt foncier et la captation personelle sous le Bas-Empire et à l'époque franque

LIMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNÊLLE 
le mérite, par Savigny lui-même‘. Lecesne déclare qu’ « il ne sau- 
rait y avoir de doute » que le caput soit de mille solidi? et il s’en 
autorise pour décrire la manière dont on procédait. « Chaque pro- 
priété, si petite qu’elle fût, avait son évaluation spéciale et séparée… 
On se bornait à inscrire les propriétés voisines à la suite les unes des 
autres, puis quand la somme des évaluations formait une valeur de 
mille solidi, on inscrivait en tête : caput°. » 
Voilà une explication simple et convaincante. Hélas, un an après, 
en 1863, Zachariae von Lingenthal montrait que F. Walter s’était 
entièrement mépris : sa théorie ne repose que sur une mauvaise 
leçon de la novelle de Majorien de l’an 458, où il faut lire millenas 
(équivalent de jwgwm en Italie) et non millenos *. 
En 1840, Dureau de la Malle imagina que l’impôt foncier fut 
imposé à tous par Caracalla. On adopta alors comme unité fiscale la 
quotité fixée depuis longtemps pour les vétérans. Or le lot du vété- 
ran, d’une étendue moyenne de 16 hectares, était dit caput parce 
qu’il correspondait à une tête de soldat et jugum parce qu’il était 
cultivé par une paire de bœufs ®. 
Voilà qui est ingénieux et satisfaisant. Malheureusement c’est 
une simple construction de l’esprit. Il est très aventuré de faire 
? 
{, En 1849, Savigny (Zweiter Nachtrag dans Vermischte Schriften, t. II, p. 191) 
se reproche d’avoir attribué en 1842 (p. 174) à des étrangers une découverte dont 
le mérite revient à ses concitoyens, F. Walter et Schultz. Ce dernier, dans son 
ouvrage Siaatswissenschaft der Rômer, paru à Cologne en 1833, avait prétendu 
(p- 620 et 679) que le capul ou jugum représente 1000 solidi et est identique au 
census de 100 000 sesterces exigible des décurions. Cette dernière thèse est, au juge- 
ment de Savigny (p. 190), « un tissu d’erreurs et les conclusions ne renferment pas 
ane parcelle de vérité », 
2. Lecesne, p. 43. — Ch. Giraud partage la même cenfilance dané son Essai sur 
l'histoire du droil français au moyen dge ( 1846), p. IOI. 
3. P. 265. Cf. p. 61 : « Au reste, rien ne devait être plus facile que de confec- 
rionner le caput, toutes les terres étant accompagnées de leur estimation sur les 
registres du cens, il n’y avait qu’à grouper les propriétés voisines les unes à côté 
des autres jusqu’à ce qu’elles eussent atteint le chiffre voulu : le jugum était alors 
complet. Que si, par suite de revision, le chiffre d’une des propriétés venait à 
baisser, pour former le caput on lui associait d’autres propriétés qui complétaient le 
taux de mille solidi. » 
4. Zur Kenntniss des rômischen Steuerwesens in der Kaiserzeit, Saint-Pétersbourg, 
1863, in-4, 24 pages (Mémoire de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, 
VIIe série, t. VI, n° 9). CF. Revue hist. du droit, 1925, p. 14-15. 
3. Économie politique des Romains, t. L, p. 301. Dureau de la Malle concilie son 
explication avec la théorie de F. Walter sur les milleni en admettant que le jugum- 
caput représente en capital mille sous d’or. Cette assertion n’est pas soutenable, 
ainsi que l’a vu Lecesne, p. 52.
	        
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