— 186 —-CHAPITRE
HUIT
Les services d’escompte.
Par escompte, il faut entendre, soit une remise consentie
sur le prix de vente par le vendeur, soit une rétrocession
subséquente d’une partie de ce prix de vente.
L’escompte n’est pas, comme il pourrait sembler, un
simple témoignage fourni par le vendeur qu'il aurait pu
fixer un prix de vente inférieur ; il est, dans des circonstances
normales, le prix que paie le vendeur en récompense
du service que lui rend l'acheteur en payant comptant.
L’escompte n’est donc exigible que moyennant
paiement comptant.
Considéré ainsi, l’escompte est par conséquent un prix
qui dépend, comme tous les prix, des conditions d’équitibre
du marché. Il ne représente pas un cadeau du vendeur
à l’acheteur : il est dû, et il est aussi illégitime de
le refuser à l’acheteur au comptant que de l’accorder à
l’acheteur à crédit, Sans l’escompte, l’achat au crédit
revient moins cher que l'achat au comptant, et comme
une marchandise donnée ne peut avoir qu’un. prix dans
des circonstances données, cette situation a pour fatale
conséquence l'élimination de la vente au comptant au
profit de la vente à crédit, de plus en plus répandue.
C’est à quoi on en était avant l’institution: des services
d’escompte, pour le plus grand dam du petit commerce,
ainsi que nous l'avons constaté dans notre première
partie. À cette situation, il n’y avait que deux remèdes :
la suppression radicale de toute vente à crédit, et les
services d’escompte. Au fond, on a essayé des deux re-