104 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
Pendant une courte période, le commerce et l’industrie
de la Belgique, notamment sous le règne autrichien,
commencèrent à se relever, mais les troubles de
la fin du XVIII e siècle détruisirent tout. Les débouchés
extérieurs furent perdus ; la consommation intérieure
s’arrêta ; les capitaux disparurent ; les ateliers
se fermèrent. Les réquisitions militaires épuisèrent les
épargnes ; les campagnes foulées aux pieds cessèrent
de produire ; la disette de l’année 1794 et enfin l’invasion
des assignats achevèrent la ruine du pays (1).
La diminution rapide des fortunes pendant cette époque
est bien caractérisée par un commerçant bruxellois,
Romberg. En 1785, un contemporain raconte
des merveilles de sa fortune. « M. Romberg a eu en
mer, lui appartenant, raconte le Voyageur dans les
Pays-Bas, cent vaisseaux dont il dirigeait seul la marche
en même temps que sa maison d’Ostende et celle
qu’il avait aussi établie à Gand en avaient encore un
grand nombre qu’elles employaient à leurs opérations ;
dans l’année 1780, il a armé dans nos ports du Havre,
de la Rochelle plusieurs navires pour la traite des nègres...
En 1782, M. Romberg a encore armé dix autres
navires négriers de port de 5000 nègres... Il n’y a pas
un pays, pas même une ville avec laquelle il ne soit
en liaison d’affaires » (2).
Briavoinne nous dit aussi que la maison Romberg
pouvait à elle seule mettre en mer 94 navires (3).
(1) N. Briavoinne Sur les inventions, 1. c. p. 19.
(2) Le Voyageur dans les Pays-Bas Autrichiens, 1. c. v. IV, p. 40J.
(3) N. Briavoinne. De l’industrie, 1. c. v. I. p 83.