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général à la tâche des détaillants. Même l'apprentissage
chez les détaillants forme des employés et non des né-
gociants à leur compte *, et il est de plus en butte à tou-
tes sortes de critiques, au moins quand il s'agit de petits
détaillants :
«Il faut ajouter qu’une petite maison n’est pas non
» plus ? favorable à un bon apprentissage : l’apprenti
» devra se livrer plusieurs années à un même travail ;
» C’est l’école de la routine ». $
Mais on aurait tort de tomber d'un extrême à l’autre
et de se fier à l’école seule pour former de jeunes com-
merçants :
« Le stage pratique, après ou pendant la formation
> par l’enseignement commercial, la pratique des affai-
»res, le séjour dans les grands centres de commerce, à
» l'étranger, donneront au futur commerçant la sûreté
» du coup d’œil, la rapidité de la décision, l’intelligence
» des affaires. »
« Nous maintenons le principe de l’apprentissage pra-
» tique dans la maison de commerce, dans les bureaux
» de la banque, etc. Cet apprentissage est nécessaire à la
» formation de l’apprenti ». *
* «Im allgemeinen ist zu sagen, dass die Schule darüber,
» wie man selbständigerweise Geld erwirbt, wenn man z.B.
» keine Stelle hat oder keine wünscht, wenig belehrend
» Wirkt. So wird die Geschäftsleitungslehre äusserst ober-
» flächlich veranschaulicht. » (Sigfried Bloch, op. cit, p. 38).
? La grande maison a contre elle, entre autres, le risque
du cantonnement étroit dans un département toujours le
même, où il n’y ait plus rien à apprendre après quelques
jours de mise au courant. On nous a cité le cas authentique
d’un apprenti d’une société de navigation rhénane qui
avait passé ses trois ans d’apprentissage à la caisse, exclu-
sivement, Il payait des factures, mais ne possédait pas
l’ombre d’une idée de la véritable nature des opérations de
la maison. C’est en tout cas l'impression qu’il donnait lors
de son examen de sortie d’apprentissage.
$ Savoy, op. cit, p. 348.
* Ibid, p. 349.