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Savoy cite à ce propos l'opinion de Louis Poirier-Delay,
un des hommes qui ont le plus fait et font encore
le plus pour le relèvement de l'apprentissage dans le
canton de Vaud. M. Poirier affirme que les apprentis,
« l'esprit tout rempli de prouesses sportives, ne songent
> Guère, la plupart, à compléter leur développement
»technique et intellectuel, à se préparer à subir l’exa-»
men de fin d'apprentissage ». *
Qui osera affirmer que, depuis vingt ans, ces ravages
de la mode des sports sur la volonté de travail des apprentis
aient diminué ?
Depuis 1904, l’orientation professionnelle, la protection
des apprentis, la réglementation de l’apprentissage
par les pouvoirs publics et par les organisations professionnelles,
sa surveillance, ont fait sans doute de splendides
progrès. Mais ces mesures se heurtent malheureusement
encore trop à l’égoïsme indéracinable des employeurs,
à leur incurie, à leur insuffisance comme éducateurs.
Elles n’ont pas suffisamment vieilli, ces paroles
de Savoy, que nous nous devons de citer encore :
« Tous ceux qui se sont occupés des apprentis de com->
merce savent combien il faut lutter, pour obtenir des
» patrons une observation plus ou moins complète de
» la loi en ce qui concerne la durée du travail des ap-»
prentis. Les difficultés rencontrées lors de l’organisa-»
tion des cours professionnels durant le jour, sont une
» preuve de l’acharnement que mettent certains patrons
> à ne pas vouloir se priver des services de leurs appren->
tis durant quatre ou cinq heures par semaine ». ?
! L'apprentissage commercial, par Louis Poirier-Delay,
Montreux. Dans : La Suisse économique, T. I, Lausanne,
1908, pp. 135 seq.
? Savoy, op. cit, p. 397.