FXPOSÉ GÉNÉRAI, xxxIx
Cela dit, je ne pense pas que la diplomatie
coloniale ait prononcé son dernier mot et qu’elle
n’ait, comme on dit, « qu’à plier bagage». La diplo-
matie eut son heure pour acquérir ; elle a, et elle
aura son heure pour conserver et pour améliorer.
Cette tâche nouvelle appartient, avant tout,
comme toujours, au gouvernement de la métro-
pole ; mais elle est aussi la mission spéciale de nos
gouverneurs généraux. Tout le monde rend jus-
lice à cette élite nouvelle, mieux armée, plus
instruite, plus expérimentée de nos grands chefs
coloniaux. Elle s’est formée au feu, on peut le
dire : car c’est en faisant carrière parmi tant de
régions diverses et de mœurs différentes qu’elle
s’est recrutée et instruite.
Avec de tels hommes, la partie la plus délicate
de la tâche diplomatique subsistante est en de
bonnes mains ; c’est celle qui consiste à s'assurer,
par une prudence, une sagesse, une sollicitude
constantes, en un mot, par la prévision, le sens de
la mesure et de la persuasion, que les contacts
restent excellents ét sympathiques, confiants de
part et d’autre, avec les populations indigènes.
Dans les pays de protectorat surtout, la diplo-
matie'coloniale est, si j'ose dire, le pain quotidien,
La droiture et la loyauté sont ses qualités domi-
nantes : on ne s’attache les peuples que par la
franchise et la justice. Diplomatie, si vous voulez,
c’est, au premier chef, l’art du gouvernement. Il
se complique, seulement, du fait que les popu-
lations qu’il s’agit de diriger vers leurs nouvelles
destinées, sont de race, de mœurs, de religions
diverses et au’il faut au’elles se sentent comprises