LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 335
organisation et à leur développement, elles cherchaient
un protecteur qui les leur fournisse, nous ne pourrions
admettre que le soin de ce protectorat incombât à nul
autre que nous.
Mais nous devons espérer que la Chine saura établir
elle-même son unité et constituer son indépendance
nationale sur des bases fortes et durables. Nous n’aurons
plus alors qu’à examiner avec elle les questions, nom-
breuses à la vérité, mais de règlement facile, qui résultent
non seulement des échanges commerciaux maritimes et
terrestres constants que l’Indochine effectue avec elle,
mais encore de la présence sur le sol de notre grande
colonie d’une très importante colonie chinoise qu’une
immigration, accélérée par les événements actuels, ne
cesse d'accroître chaque année.
Cette question d'immigration est, à vrai dire, de pre-
mière importance.
Avant notre arrivée en Indochine, le Chinois bénéfi-
ciait, en Annam comme au Cambodge et au Laos, d'un
statut personnel très particulier et que nous lui avons
conservé. Aux termes de ce statut, il n’est considéré
comme un étranger dans aucun des pays d’Indochine, Il
y jouit des mêmes droits que l’indigène, à condition de se
soumettre à certaines formalités telles que l'inscription
sur les registres d’impôts personnels et l’enrôlement dans
les corporations, constituées sous notre égide par leurs
congénères, et responsables non seulement du paiement
de ses impôts et taxes, mais encore de ses faits et gestes.
Au même titre et dans les mêmes conditions que lui,
il peut circuler, commercer et acquérir librement sur toute
l’étendue du territoire. Bien plus, il lui est permis de
contracter en la forme indigène, ce que ne peut faire le
Français établi dans la colonie. On voit le parti qu’il
a su en tirer. À l’heure actuelle, il détient, en Indo-
chine, la presque totalité du commerce indigène et il y
èst provriétaires d’un domaine foncier des plus imvor-