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Les grands magasins.
Leur place est ici, après les étalages ambulants, ces
deux formes de commerce ayant été assez bizarrement
assimilées par certains auteurs *. Elles n'ont pourtant de
commun que l'esprit capitaliste, anti-artisanal, dont
elles sont la manifestation et, jusqu’à un certain point
l’infériorité des qualités vendues. Encore faudrait-il,
à ce cernier égard, faire une distinction entre le grand
magasin genre parisien, où se vendent des marchandi-
ses inférieures peut-être, mais à tout le moins utilisa-
bles, et le bazar genre Warenhaus germanique, où do-
mine la pacotille ?.
1 «Nach der Ansicht des Herrn Schwander stammen die
» Warenhäuser von den Wanderlagern die sich sozusagen
>in Permanenz erklärt hätten. Das ist nun offen herausge-
» sagt-Blôdsinn.» (Theophil von Thur, Der Grossbetrieb im
Detailhandel, Buchdruckerei A. Maeder, Lichtensteig, im-
primeur-éditeur, p. 9). Nous ignorons la date de cette bro-
chure de 44 pages (probablement 1904). Elle constituait une
réponse à une brochure de J. G. Schwander, secrétaire de
l’Union suisse des services d’escompte, Bienne, contre les
grands magasins, laquelle, à en juger par quelques extraits,
doit avoir passablement quitté le terrain des arguments ob-
jectifs.
* von Thur repousse cette distinction comme superficielle.
C’est qu’elle consacre l’infériorité de la sorte de magasin
qu’il était chargé de défendre. Sa brochure est un plaidoyer,
au sens étroit du terme, et un plaidoyer en faveur du Wa-
renhaus. Par contre, le professeur Schulze est pleinement
de notre avis :
«Herr Professor Schulze will den gut geführten Waren-
s häusern, Wie sie in London, Paris und Berlin zum Teil in
p solider und vornehmer Art, ohne jede aufdringliche und
» unschône Reklame geführt werden, nicht zu nahe treten,
» dagegen findet er es geboten, den Grossbazaren geringerer
» Art, die mehr Wert auf Billigkeit und Aussehen der Waren
» als auf Solidität legen und dabei hochfahrende und lär-