Full text : La crise du petit commerce

y

médiaire un véritable fanatisme’. Le condamne-t-il
donc à mourir de faim ? Pourtant pas :
« La disparition ou du moins la diminution de ces
» intermédiaires (car il en restera toujours quelques->
 uns (sic !) et il en est qui rendent des services) ne nuira
» en rien à la société : ce sera pour elle un soulagement.
» La fonction distributive des produits qui est le com-»
 merce, employant un moins grand nombre d'hommes,
> il en restera un plus grand nombre disponibles pour
» la production à proprement parler ».
C’est donc à la prolétarisation que Leroy-Beaulieu
semble inviter le petit commerçant. Il est probable que,
mis en face de cette conséquence, notre auteur n'aurait
pas bronché. Car d’une part, la thèse à la défense de
laquelle est consacré son livre, c’est celle d’une « tendance
 à une moindre inégalité des conditions », c'est-àdire
 à l’ascension continuelle de l’ouvrier, la meilleure
époque pour le bourgeois et le haut fonctionnaire étant
passée sans retour. Devenir ouvrier, c'est donc passer
dans le groupe social qui a, pour ainsi dire, le vent en
poupe. D'autre part, le détaillant qui végète est le plus
misérable des prolétaires. Tout changement ne peut
être pour lui qu’un changement vers le mieux *.

* Leroy-Beaulieu a donné d’autres preuves d’un esprit
passablement entier. C’est la rançon de son style vigoureux
et de son abondance de formules heureuses, qu’il s’imagine
quelquefois avoir résolu une question ou enterré un problème
 parce qu’il leur a consacré quelques éclats de voix
particulièrement virulents. Nous songeons en ce moment
à la manière cavalière dont il a prétendu liquider en trois
phrases l'économie politique mathématique. L'école de Lausanne
 a heureusement la vie un peu plus dure (comme les
iéiaillants !)

? C’est aussi l’avis des socialistes, quand ils sont sincères
st que les nécessités de leur cuisine politique ne les obligent
pas à se faire passer pour les plus malheureux des hommes,
 que la situation des ouvriers est bien supérieure à celle
d’une foule de citoyens soi-disant à leur compte :
            
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