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lans », inventé par le professeur ‘Schär, de Berlin, pour
les besoins de son fils, resté jusqu’aujourd’hui une per-
sonnalité dirigeante de l’Union suisse des sociétés coo-
pératives de consommation. Cette manière de faire les
bilans revenait à les obscurcir pour rendre plus opti-
miste l’impression du sociétaire qui en prend connais-
sance.
Entre 1915 et l'heure actuelle, il y a eu la crise de
1922 qui a englouti nombre de coopératives et l'argent
de leurs sociétés, venant ainsi confirmer les doutes que
l’on avait pu concevoir au sujet de leur solidité. Quoi-
que tenant à des erreurs commerciales, les désastres de
1922 auraient pu être évités, dit Paul Beuttner (Die
Finanzgebarung, page 92), si les besoins d'argent et le
financement des coopératives suisses avaient été déter-
minés rationnellement au lieu de l’être d’une manière
purement empirique.
Le savoir commercial qui manque, nous l'avons vu,
aux idétaillants, manque à plus forte raison aux gens
des coopératives, négociants improvisés s’il en fut. L'in-
terposition d’une société d’achat entre la coopérative et
ses fournisseurs ne peut pallier qu’insuffisamment
l’ignorance du gérant :
« La crise des coopératives après la guerre est due es-
sentiellement à l’achat irrationnel des marchandises. » *
Steiger déclare ? qu’il est impossible, avec les traite-
ments payés par les coopératives (les plus grands per-
sonnages de l’A. C. V., à Bâle, ne touchaient pas plus
de 7000 fr. par an en 1908), d’obtenir un personnel diri-
geant vraiment qualifié, d’autant plus que peu de lati-
lude est laissée à l’initiative individuelle, dans un or-
1 «Die nachkriegszeitliche Konsumgenossenschaftskrisis ist
pin der Hauptsache auf den unrationellen Wareneinkauf
» zurückzuführen.» Paul Beuttner : Enttäuschungen, p. 27).
? Konsumvereine und Privatgeschäfte, p. 22.