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une véritable force et qu’il est hautement maladroit
de vouloir faire ce que cherche à réaliser la politique
négative : réduire par la force un adversaire qui a la
force pour lui. Car la force qui compte, dans la lutte
économique, c'est le pouvoir d’achat, et celui des grands
magasins en fait de véritables dictateurs à l'égard de
leurs fournisseurs attitrés. Les sauveurs de la classe
moyenne n’ont pas pensé au tort qu’ils feraient, que les
Warenhäuser disparaissent ou non, aux petits prolucteurs
(artisans) que ces magasins font vivre, car il
sen faut que les Warenhäuser ne soient clients que
des fabriques ! !
Nous devons ouvrir ici une parenthèse consacrée au
danger d’incendie auquel sont exposés les grands magasins,
parce qu’il a fourni aux partisans d’une intervention
légale contre ceux-ci un prétexte qu’ils se sont
gardés de laisser perdre.
Il est de fait que certains constructeurs de Warenhäuser
ont été terriblement imprudents, surtout en
Amérique. L'énorme bâtiment de Wanamaker à Philadelphie
est bien divisé en trois par des murs de sûrelé
avec portes automatiques, mais cela ne serait guère
suffisant pour éviter un malheur dans un cas sérieux
si l'on prend en considération les chiffres suivants :
Le bâtiment a 12 étages, 145 mètres de long, 75 mètres
de large et 74 mètres de haut. Au troisième étage se
trouve une salle de musique calculée pour 1800 auditeurs
et 500 chanteurs. Et le reste à l’avenant :
« En Europe, on permettrait difficilement l’aménage-»
ment de telles salles de réunion dans un bâtiment qui,
> sans doute, est par lui-même incombustible, mais où
» un feu serait si richement nourri par les marchandises
> accumulées que la fumée qui en résulterait laisserait
» difficilement la possibilité de s'échapper à tous ceux
Cf. Wernicke, Bedeutung der Warenhäuser, p. 5.