locaux mis à bas prix ou gratuitement à leur disposition
par des autorités, et jouir de faveurs fiscales étonnantes
tenant à des imperfections dans la rédaction de
la loi, sans doute, mais grandement facilitées par la
complaisance du fisc à interpréter celle-ci*. Enfin, il
est arrivé que des fonctionnaires n’observent pas la
neutralité qui est un devoir de leur charge et exercent
une pression (menace de renvoi ou de tracasseries) sur
leurs subordonnés pour les faire entrer dans la coopérative
* Sans même que les choses aillent aussi loin,
la présence dans la direction d’une société coopérative
d’un fonctionnaire dont dépend plus ou moins le succès
de la carrière de nombreux subordonnés entraîne ceuxci
à devenir, bon gré mal gré, membres de la société *.
Les partisans d’une politique négative peuvent invo-*
Le Zentral-Verband Deutscher Kaufleute a dressé, en
(896, une longue liste d’exigences relatives aux coopératives.
Sous le No. 2, on trouve :
« Beseitigung der Bevorzugungen, welche die Konsumver->eine
gegenüber den Einzelkaufleuten geniessen, wie die
» Befreiung von Staats- und Gemeindeeinkommensteuern
>für viele Konsumvereine, Hergabe billiger Räume oder gar
» ohne Entgelt seitens der Behôrden.….» (Wernicke. op. cit.
p. 378.)
Ces faits ne sont pas particuliers à l’Allemagne et ont donné
lieu en Suisse à de violentes polémiques. Steiger (op. cit,
p. 39) prend parti contre un traitement de faveur des coopératives
au point de vue des impôts, arguant qu’elles ne sont
point des institutions de bienfaisance ou d’utilité publique générale
(puisqu’elles font de la concurrence aux détaillants ;
mais une utilité publique particulière — en faveur du prolétariat
— ne leur est pas contestée).
Il serait aisé de découvrir des échos de ces polémiques
dans d’autres pays, en Belgique (Revue de l’Efficience) et
ailleurs.
? V. la mention d’une telle pression chez Wernicke, op.
cit, p. 427.
$ Aussi le Zentral-Verband Deutscher Kaufleute réclamet-il
l’interdiction aux fonctionnaires et aux officiers d’occuper
des postes dans l’administration des coopératives. (Cf.
notre note 1 page 169.