— 182 —
pas moins extrêmement redoutables, dès que l’associa-
tion a acquis quelque puissance *. Elle combat les cré-
dits abusifs à la clientèle, les livraisons directes des
fabriques aux consommateurs, le déballage et le col-
portage. Elle cherche par quels moyens elle pourrait
enrayer, sans recourir à l’Etat, la tendance à la con-
centration capitaliste dans le commerce de détail. Elle
collabore avec les organes de l’Etat, avec voix consulta-
tive ?, dans l'élaboration de la législation, pour autant
que celle-ci touche directement ses membres. Elle s’ef-
force de faire passer dans le domaine pratique les me-
sures qu’on peut envisager pour remédier à la pénurie
de capital d’exploitation dont souffrent beaucoup de
détaillants. Elle travaille à développer la connaissance
des marchandises, laquelle est «au premier rang des
» conditions requises pour l’exploitation rationnelle d’un
» fonds de commerce. » 3, * Elle remédie à une autre des
causes de la crise : l’absence de connaissances suffi-
santes en comptabilité, et les renseigne dans les ques-
tions de droit et les questions commerciales qui se posent
pour eux. Bref, elle est, sur la plus vaste échelle possible,
* Telles sont les mesures de boycott prises par la Société
suisse des droguistes contre les droguistes qui gâchent les
prix et, si besoin est, contre les fournisseurs qui continuent
à leur livrer.
? La consultation des associations professionnelles par les
pouvoirs publics est actuellement sanctionnée par plusieurs
lextes législatifs. Elle ne constitue, c’est bien évident, aucune
injustice à l’égard des professionnels qui se tiennent à l’é-
cart de l’association qui réunit les gens de leur métier.
3 Brandenberger, op. cit, p. 17.
* L'Association des Epiciers suisses a publié en 1928 un
Manuel de l'ordonnance sur les denrées alimentaires, afin de
perfectionner la connaissance des marchandises les plus im-
portantes de toutes. Voir à ce propos, ainsi que sur plusieurs
autres points mentionnés dans cet alinéa, le passage intitulé
Association des Epiciers suisses, pages 68 et 69 du rapport
déjà cité de l’Union suisse des Arts et Métiers.