DES BANQUES
les villes frontières ou les gares, là où les étrangers ont
besoin de changer leur monnaie — au moyen âge, la multi-
plicité prodigieuse des monnaies (chaque seigneur avait le
droit de faire battre monnaie), la fréquence des falsifications
clandestines, souvent commises par le souverain lui-même,
rendaient très important le rôle de ces banques où chacun
pouvait trouver de la bonne monnaie en payant un agio,
Les banquiers sont des commerçants tout comme les
autres. Les commerçants opèrent sur des marchandises : les
banquiers opèrent sur le capital circulant représenté par des
titres de crédit ou du numéraire. Les premiers achètent pour
revendre, et trouvent leur bénéfice à acheter le meilleur
marché possible pour revendre le plus cher possible. Les
seconds empruntent pour prêter, et trouvent leur bénéfice à
emprunter le meilleur marché possible pour prêter le plus
cher possible. Mais il est facile de comprendre que ces
commerçants exercent une fonction économique de la plus
haute importance, car nulle marchandise n’est plus impor-
tante que l’argent, dans notre vie moderne du moins, et ceux
qui la détiennent ont le pouvoir, selon qu’ils l’accordent ou
la refusent, de dispenser la fortune ou la ruine, ou tout au
moins de réduire le commerçant ou l’industriel à l’impuis-
sance. Dans les affaires, la suppression du crédit c’est la
mort.
Voilà donc les deux opérations fondamentales de tout
commerce de banque : emprunter et prêter — et comme ces
emprunts se font le plus souvent sous forme de dépôts et ces
prêts sous forme d’escompte, les banques sont fréquemment
désignées sous ce nom « banques de dépôt et d’escompte »,
Mais à côté de ces deux opérations fondamentales, les
banques en font beaucoup d’autres.
Il y a le prêt sur la simple honorabilité de l’emprunteur,
qui consiste à ouvrir un crédit, généralement sous la forme
d’un compte*courant. Le compte est débiteur lorsque le
client a touché plus qu’il n’a versé — et créditeur lorsque,
au contraire, le client a versé plus qu’il n’a touché. Toute-
fois, cette facon de prêter « à découvert », comme l’on dit,
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