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Cette procédure est la bonne, et des maisons grave-
ment menacées par la crise d’après-guerre s’y sont en-
gagées résolument, comme sur la seule voie qui pou-
vait les conduire au salut. Aucune n’est probablement
allée plus loin dans cette direction que la Société Ano-
nyme Chocolats Tobler S. A, Berne, dont les efforts
peuvent servir de modèle. *
Il en va autrement du Syndicat de réglementation
des produits pharmaceutiques suisses, dont les mem-
bres font des bénéfices qui les dispensent de songer à
des égards et à une limitation de leur égoïsme, En s'op-
posant à ce que l’escompte par timbres-rabais soit fait
sur leurs produits, sous prétexte qu’il en résulte « une
diminution indirecte du prix de vente », ces gens mon-
trent à la fois qu’ils n’ont rien compris à la véritable
nature de l’escompte unifié et que la prospérité de la
classe des détaillants leur est totalement indifférente.
C’est d’autant plus inconcevable que ces fabricants ne
possèdent aucun moyen sérieux de s'opposer à ce qu’une
ristourne sur leurs produits soit payée par des entre-
prises coopératives. Quoique les ristournes soient pré-
vues parmi les pratiques interdites par le syndicat, cette
clause reste forcément lettre morte, vu le caractère de
la ristourne, qui est un partage de bénéfices. On peut
bien prescrire à une société des conditions de vente,
mais on ne peut lui prescrire valablement la facon de
disposer de son bénéfice. La situation est tout autre
à l'égard des services d’escompte, qui ne répartissent
pas un bénéfice, mais se proposent précisément d’intro-
duire certaines conditions de vente, auxquelles d’autres
conditions de vente peuvent être opposées d’une façon
plausible. Il y a là une criante injustice à l’égard du
commerce indépendant. Le syndicat de réglementation
ne donne pour le moment aucun signe qu’il s'apprête
! Cf. la page des TOBLER-ACTUALITES, Journal des
Epiciers suisses, 1929 et 1930, passim.