Full text : La crise du petit commerce

n’a plus affaire à un petit commerce *. Walter Champion
(Studie zur Funktion der kleinhändlerischen Einkaufsgesellschaften
 der Schweiz, A. G. Neuenschwander'sche
Verlagsbuchhandlung, 1926) fait intervenir dans la définition
 le chiffre d’affaires. Il distingue, p. 17, les grandes
 entreprises (chiffre d’affaires au-dessus de 500,000
francs), les entreprises moyennes (chiffre d’affaires : de
50,000 à 500.000 fr. par an) et les petites entreprises
(moins de 50,000 fr.). Le petit commerçant serait alors
celui qui exploite à son compte une entreprise commerciale
 petite ou moyenne, et fixée (par opposition au colporteur).
 Nous n'avons pas d'objections contre cette manière
 de prendre les choses, tout en trouvant un peu

! La fixation à cinq du nombre maximum de personnes
qui peuvent être employées dans une entreprise pour que
celle-ci mérite encore la dénomination de petite n’est pas
de notre invention, ce qui nous dispense de la justifier longuement.
 Dans le compte-rendu du Congrès international
des Classes moyennes, de 1924, à Berne et Interlaken, se
trouve par exemple un rapport du Dr O. Leimgruber où l’on
peut lire ce qui suit : (p. 38) « En Suisse par exemple, il y a
» 70 ans, toute la production industrielle et la vente au dé-»
 tail étaient entre les mains de la petite industrie, des arts
» et métiers et du petit commerce ; aujourd’hui, par contre,
» plus des trois quarts de toutes les personnes actives dans
p l'industrie travaillent dans des entreprises de plus de cinq
» ouvriers ». C’est donc un des plus ardents protagonistes du
mouvement des classes moyennes ‘qui nous fournit l’élément
de discrimination que nous avons adopté pour distinguer la
petite entreprise de la grande. Cet élément a plus de relief
qu’il ne pourrait sembler d’abord : il est, en effet, de l’essence
de l’«entreprise » proprement dite (capitaliste ou prototype
du capitalisme) de grouper beaucoup d’hommes sous une même
 direction, cela non seulement parce qu’elle est grande,
mais parce qu’il appartient à la psychologie de « l’entrepreneur
 » de rendre docile à ses fins le plus grand nombre possible
 de ses semblables. (Cf. Sombart, Der Bourgeois, Verlag
von Dunker et Humblot, München u. Leipzig, 1913, op. 68
seq. et passim.) Cf. aussi la loi fédérale sur les fabriques
pour laquelle il n’y a fabrique (entreprise capitaliste et non
artisanale) qu’à partir de six ouvriers.
            
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