_— 8 —
à quelques considérations sur l'origine de la spécialisa-
tion dans le commerce.
D’après Wernicke (v. op. cit, pp. 51-57), le détaillant
apparaît assez tard dans la vie du Moyen-Age, en tant
que personnalité distincte du colporteur et du marchand
ambulant. De plus, il n'apparaît guère que dans les
villes. À l’opposé du commerce de gros, qui a toujours
été franc de toute organisation corporative, le com-
merce de détail a formé des organisations très puissan-
tes. Ces organisations ont toujours été en lutte avec les
corporations d'artisans sur la question de savoir si les
marchandises fabriquées par ces derniers pouvaient ou
non être tenues par les commerçants de la même ville *.
Finalement, les artisans obtinrent gain de cause et le
» Selbst wieder Konkurrenz macht.
«Es ist beachtenswert, dass z. B. ein ländliches Kolonial-
» geschäît, oft auch ein grosstädtisches, dem Butterhändler
» dem Milchhändler, dem Delikatessenhändler, ja sogar dem
à Zigarrenhändler und dem Papierladen Konkurrenz macht.
«In vielen Orten ist es meist nicht rentabel, ein Spezial-
» geschäft zu besitzen, auch wenn zur Stunde ein Konkurrent
> noch fehlt ».
Quoique la phrase soulignée ne soit pas très claire, elle
signifie évidemment qu’en renonçant réciproquement à ven-
dre chacun la marchandise du voisin, les commerçants di-
minueraient la concurrence dont ils souffrent (et leurs frais
généraux). Et cela est incontestable.
Et Henry Ford (Das Grosse heute, das Grôssere morgen,
seule édition allemande autorisée, Paul List Verlag, Leipzig,
1926, page 312) dit :
«Der Detailhändler, der alles, ohne Rücksicht auf die Be-
> dürfnisse seiner Abnehmer, in sein Geschäft einzubeziehen
> versucht, wird schwerlich Geld verdienen. Seine toten Wa-
»ren setzen seine lebenden Waren matt ».
Quoique les détaillants n’aiment pas Ford («Il ne nous
emballa jamais », est-il dit quelque part dans le Journal des
Epiciers Suisses), ils ne peuvent lui contester une certaine
compétence dans l’art de gagner de l’argent. Ses conseils mé-
ritent dés lors d’être au moins examinés.
! Le mouvement dit de Berlin, qui ne remonte pas à cin-
quante ans, n’est qu’une phase attardée de cette vieille dis-
pute (Cf. notre note 1 page 4).