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s’est élevé de 136 %, et celui des commerçants travail-
lant pour leur compte de 114 %, atteignant 113,897. On
peut, sans crainte de se tromper, et quoique les statis-
tiques officielles (recensements fédéraux) séparent d’une
manière insuffisante les différentes catégories, affirmer
que la plupart de ces personnes sont bien de petits
commerçants. Ce chiffre de 113,897 comprend, il est
vrai, les colporteurs, très nombreux, dont l’activité, ainsi
que nous le verrons, est extrêmement nuisible au petit
commerce. Mais tel quel, il reste imposant et éloquent *.
À l'étranger, la profession commerciale exerce la même
puissante attraction, et ce phénomène ne date pas d'hier.
Leroy-Beaulieu, s’occupant de la France, dit à ce pro-
pos ? :
« En laissant de côté les cultivateurs, il y a environ
» un chef de famille, sur trois ou quatre, qui se trouve
» placé à la tête d’un commerce ou d’une industrie pour
» son compte. On voit combien tiennent de place, à côté
» des ouvriers, les petits patrons et les petits commer-
> çants ; ils sont moitié, ou à peu près aussi nombreux
» que les premiers » *.
Les détails qui précèdent sont empruntés à Albert Schnur-
renberger, Die corporative Organisation des schweizerischen
Detailhandels (thèse de l’Université de Zurich, parue à
Berne, 1927). Champion, op. cit, p. 23, au bas, constate aussi
le pullulement des magasins de détail (il vient d’ailleurs de
consacrer quatre pages aux causes de ce phénomène). Ce-
pendant, il donne, page 38, une statistique qui semble plutôt
démontrer le contraire.
? Paul Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des riches-
ses et sur la tendance à une moindre inégalité des condi-
tions (Paris, Alcan, 4e édition, 1892). Le passage cité se trouve
page 293.
3 Ces données sont moins impressionnantes, si l’on tient
compte du fait que les cabaretiers sont ici comptés parmi
les petits commerçants. L'auteur continue, en effet, en ces
termes :
« Malheureusement, un examen plus attentif montre qu’une
à>très forte partie de ces petits négociants sont simplement