Full text: La crise du petit commerce

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»large courant de toutes ces existences, sa situation, 
» malgré l’impôt d’exception prélevé sur les grands ma- 
» gasins et les coopératives, restera difficile » *. 
Il a toujours passé pour noble de ne rien faire, Les 
aristocrates du bon vieux-temps dérogeaient s'ils tra- 
vaillaient de leurs mains ?. On comprend combien doit 
1 «So ist der Kleinhandel das grosse Sammelbecken ge- 
» worden für zahlreiche Personen, die daran verzweifeln, 
»auf anderem Wege ihr Auskommen zu finden. So lange 
» der Kleinhandel den breiten Strom aller dieser Existenzen 
»in sich aufzunehmen hat, wird seine Lage trotz Ausnah- 
» mebesteuerung der Grossgeschäfte und Konsumvereine 
»eine schwierige bleiben». (Extrait d’un rapport de la 
Chambre du commerce et des métiers de Dresde. cité par 
Wernicke, op. cit.). 
? Peut-être faut-il voir dans cette dispense du travail ma- 
nuel l’origine de cet orgueil de caste qui a été reproché aux 
commerçants, reproche que Leroy-Beaulieu reprend en ter- 
mes virulents quand il demande : « quelle est l’existence 
» de ces petits boutiquiers surabondants, assis, moroses et 
» pompeux tout le long du jour, guettant l’acheteur qui ne 
» vient point, méprisant le peuple dont ils sont sortis, en- 
» viant la haute bourgeoisie à laquelle ils n’appartiennent 
» pas.» (op. cit, p. 320). 
Que ces grands airs constituent une faute professionnelle 
à une époque où le public est le véritable maître du marché, 
voilà qui n’a pas besoin d’être démontré. Dans le numéro de 
novembre 1928 de la revue « Efficience » (18, rue des Sables, 
Bruxelles) a paru un article de quelques lignes, intitulé : « Le 
côté comique de la dignité». et qui illustre très bien notre 
pensée : 
«Si la dignité pouvait se vendre, beaucoup de personnes 
» deviendraient très riches. Malheureusement, cette sorte 
» de marchandise ne peut se débiter. Elle ne plaît à per- 
» sonne, sinon à son sot possesseur. 
«La dignité gâte trop de gens dans le domaine commer- 
» cial. Lorsqu’un homme de plus de 40 ans devient digne, 
pil cesse d’être un homme, il devient un mannequin. 
« Bergson signale dans son traité sur le «Rire» que la 
» fausse dignité est la chose la plus comique et la plus risible. 
«Charlie Chaplin le sait également. Beaucoup de ses 
» rires sont provoqués par la dignité et le public aime voir 
» un homme digne qui «se fait rouler ». 
«L’excès de dignité fait manquer bien des ventes et per- 
» dre des clients .
	        
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