37
dont elle souffre au moins autant : l'insuffisance, sou-
vent l'absence, des capitaux d’exploitation“. En outre,
la concession par l'Etat, lorsque sa nécessité ne résulte
pas, comme dans le cas des auberges, des exigences de
l'hygiène et de la morale publiques, ressemble singu-
lièrement à une nomination. Nous aboutirions douce-
ment à l’épicier fonctionnaire, dont nous ne voulons pas
plus que de l'épicier gérant d’une société à suceur-
sales : toute mesure qui n’assure pas la conservation de
l’épicier indépendant aggrave, au lieu de la guérir, la
crise du petit commerce et de la classe moyenne ?.
! Pour remédier au manque de capital, on pourrait exi-
ger que le détaillant qui s’établit fasse la preuve, non seu-
lement qu’il possède certaines capacités, mais encore un cer-
tain capital. Mais qui ne voit le recul que des mesures pareil-
les représenteraient pour la vie économique ? Et qui ne voit
que, donnant aux riches d’autres droits qu’aux pauvres, elles
ruineraient la démocratie 9? Que le riche puisse pratique-
ment faire des choses qui sont impossibles au pauvre, voilà
ce que la démocratie admet (mais que le socialisme enva-
hissant repousse). Que le riche, en revanche, ait des droits
que le pauvre n’a pas, voilà ce qui ne pourrait triompher
que sur les ruines de l’Etat démocratique.
? Edgar Hentschel (op. cit, p. 64), qui avait sous les yeux
l'exemple de la profession de pharmacien, concessionnée
en Allemagne, et qui fonde également certaines de ses consi-
dérations sur le spectacle que donne le commerce en Russie
soviétique, qui réalise la forme extrême que puisse pren-
dre un commerce concessionné, s’exprime sur le point qui
nous occupe dans les termes suivants :
«Eine behôrdliche Einschränkung der Betriebszahl be
> deutet noch keine endgültige Lôsung. Wie im Apotheker
» gewerbe, so ist auch im regulären Einzelhandel nur zu
»erwarten, dass durch Besitzwechsel die dem Ladenhan-
» del zugedachten Vorteile aus Preisfixierung und Betriebs-
» beschränkung alsbald Kapitalisiert und auf andere Kreise
»überführt werden. Vielleicht schon in wenigen Jahren
> würden im Ladenhandel bei den durch Besitzwechsel
» gesteigerten Zins- und Amortisationslasten für den Ideal-
» wert der Geschäfte weit ärgere Nôte bestehen als heute
> Unter diesen Umständen wâäre das Konzessionssystem der
»einzige Weg für den Staat, nicht nur die heutigen Laden-