Full text: La crise du petit commerce

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même, à Philadelphie, déjà dans la proportion de 
»75 % »*. 
La surabondance des magasins a pour conséquence 
leur petitesse. Si nous nous transportons, par la pensée, 
dans cette ville qui avait un magasin par 91,7 habi- 
tants ?, nous ne manquerons pas d’y faire les constaita- 
tions suivantes : tous les magasins de cette ville ne sont 
pas également bien tenus, ou favorablement situés, de 
sorte qu’ils se partagent inégalement la clientèle de la 
localité. Un détaillant couvrira peut-être les besoins de 
[50 personnes, pendant que l’autre devra se contenter 
de 30 ou 40. Si le succès du premier magasin tient non 
seulement à des circonstances fortuites (situation), mais 
à la supériorité du service, s’il est dirigé par un négo- 
ciant avisé qui connaisse son métier et sache retenir la 
bonne clientèle en décourageant l’autre $, non seulement 
! G. Brandenberger, conférence déjà citée. 
? V. plus haut, page 24. 
3 Il est possible, lorsqu’on possède une clientèle très limi- 
tée, d’en «travailler » individuellement les éléments. Si le 
petit magasin est une survivance de la période précapita- 
liste, le capitalisme allant tout naturellement aux Waren- 
häuser et aux chains-stores (magasins à succursales), il est 
lenu à prouver son droit à l’existence en conservant à Ja 
clientèle les avantages que lui assurait la période précapi- 
taliste et que les tendances modernes condamneraient à dis- 
paraître, si elles étaient seules en jeu. Sombart (Der moderne 
Kapitalismus, vol. II, p. 463) dit des rapports entre mar- 
chands et clients, il y a deux ou trois siècles : «Es herrschte 
pein durchaus persônliche gefärbtes Verhältnis zwischen 
» dem Verkäufer oder den Verkäufern und der Kundschaft ». 
I ajoute que les livres du temps sur le savoir commercial 
insistent sur la manière de traiter le client. Ils déclarent que 
certains tempéraments de vendeurs conviennent mieux pour 
servir les messieurs, d’autres pour servir les dames ; les uns 
seront plutôt drapiers, les autres, merciers. La fixation du 
prix avait lieu au cours de la conversation. Le riche payait 
lout naturellement plus cher que le pauvre, et l’Âpreté à 
marçhander jouait aussi son rôle. On retrouve d’ailleurs en- 
core aujourd’hui cette insupportable habitude du marchan-
	        
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