38 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
(les États-Unis, qui le constate — les Américains ont em
prunté à leur marine commerciale environ 200,000 tonnes
(le gros vapeurs qu’ils ont aménagés suivant les besoins de
leur flotte.
Notez qu’au début de la guerre, la marine américaine
était absolument démunie d’auxiliaires. C’est pressés par la
nécessité, c’est quand ils furent contraints de reconnaître
que leur flotte militaire ne pouvait leur rendre les services
qu’ils en attendaient si elle n’avait derrière elle une base
sérieuse de transports, de charbonniers, de citernes, de
bâtiments de ravitaillement et de réparation, de pontons-
hôpitaux, etc., que les États-Unis se décidèrent à établir
celle-ci. Le « Bureau de la flotte auxiliaire », créé au der
nier moment et alimenté par des crédits spéciaux votés par
le Congrès, examina de nombreux bâtiments, depuis les
steamers des lignes régulières américaines jusqu’aux remor-
([ucurs et aux yachts. Son choix s’arrêta sur ([uel({ucs pa-
(piebots, de grands remorqueurs et les yachts à vapeur. Ces
derniers, au nombre de 27, provenaient d’un peu [)artout,
même des grands lacs. Une fois achetés, à des prix fixés par
le Bureau, les yachts, leurs noms changés, étaient conduits
vers l’arsenal le plus proche pour y être transformés aussi
rapidement que possible. Beaucoup d’entre eux, venant de
New-York, furent armés à l’arsenal de Brooklyn ; aussitôt
prêt, chaque bâtiment fut dirigé sur sa station ; la plupart
gagnaient directement Key-West et de là Cuba.
Cette flotte improvisée rendit aux Américains d’immenses
services ; elle permit à l’amiral Sampson de tenir, sans trop
de fatigue et toujours paré pour le combat, le long blocus de
Santiago, qui se termina, le 3 juillet 1898, par la destruction
complète ou la capture de la flotte de l’amiral Cervera et
mit en quelque sorte fin à la guerre maritime entre les
États-Unis et l’Espagne. S’il n’avait pas eu de charbonniers