LE RÔLE DE LA MARINE MARCHANDE. 37
escadres et de ses bâtiments isolés, qui aura le mieux
orqanisé ses navires de réserve, qui aura le mieux su les
entretenir et les tenir prêts à la lutte, qui aura le mieux
soigné leurs machines, leurs appareils évaporatoires, leurs
organes militaires, de laçon que dans le temps prévu, ils
puissent sortir et prendre la mer; à celle qui aura le mieux
préparé la mobilisation de ses éipiipages, de telle sorte
(jue cette opération se lasse rapidement, sans conlusion,
sans bruit... »
Les leçons d’une expérience récente viendraient d’ailleurs,
s’il pouvait subsister quelque doute sur les services qu’une
nation a le droit d’attendre de sa Hotte commerciale, en démontrer
toute l’importance.
Les Américains ont employé, durant les opérations de
leur (juerre avec l’Espagne, en outre des croiseurs auxiliaires
(paquebots transiórmés et armés) :
18 vapeurs pour ravitailler la Hotte en combustible ;
G vapeurs transporteurs de vivres et navires-glacières ; '
•2 vapeurs transformés en usines à distillation, munis de
vastes réservoirs et pouvant chacun, en moyenne, produire
quotidiennement 2,720 hectolitres d’eau douce pour l’alimentation
des équipages et des chaudières;
G vapeurs à passagers servant de navires-hôpitaux ;
1 grand vapeur, /e Viilcarij servant de navire-atelier et
aménagé pour faire les grosses réparations des avaries aux
cuirassés (il pouvait fournir des coulées de fonte d’une
tonne, était muni de machines-outils puissantes, et d’un
personnel de cent ouvriers ajusteurs, fondeurs et chaudronniers;
en six semaines, ce navire opéra plus de six cents
réparations) ;
2 navires télégraphistes chargés de couper ou d’utiliser
les câbles sous-marins.
Au total — c’est M. Woodward, ingénieur de la marine