L’ESSOR DU COMMERCE 207
du capitalisme international. Il fut même dépassé par ces
rivaux qui recueillirent, en 1307, la majeure part de sa
clientèle. Les cités marchandes d’Italie, devenues depuis
le xII° siècle les intermédiaires actives du ‘commerce
levantin et du trañc occidental, s’erganisèrent pour
mettre au service des échanges les diverses formes du crédit.
Partout, dans le centre et le nord de la péninsule, à Venise,
à Crémone, à Bologne, à Plaisance, à Parme, à Asti, à Chiari,
à Gênes, à Lueques, à Sienne, à Pistoie, à Rome, à Pise, à
Florence, se multiplient les sociétés en nom collectif (com-
pagnie) de marchands banquiers. Formées d’abord de
membres des mêmes familles ou des bourgeois d’une même
ville, elles ne tardent pas à s’unir en syndicats et en
cartells pour se disputer les marchés ou pour y dominer.
Disposant de puissants capitaux que leur fournit l’asso-
ciation, dotées d’une organisation forte et souple, elles
étendent de la Syrie et de Chypre à l’Afrique du Nord et à
l’Europe occidentale le réseau de leurs agences. Pendant
près de trois cents ans, la chrétienté est obligée de compter
avec la puissance de ces capitalistes, Lombards, Toscans,
et Cahorsins, tels que les Ricciardi, les Bardi, les Peruzzi,
les Scali, sans les lesqules grandes affaires sont devenues
impossibles. Depuis le milieu du xi11° sièclé, ce sont les
Florentins qui se placent parmi eux au premier rang, avec
leurs 80 grandes maisons de banque, qui relèguent au
second plan celles de Sienne et de Lucques.
Essaimant dans le Levant comme en Occident, ayant
des succursales à Acre, comme à Famagouste, dans l’Italie
méridionale, comme en France, où. ils dominent, notam-
ment aux foires de Champagne et à Paris avec leurs
16 maisons, maîtres du marché flamand à Bruges, comme
du marché britannique à Londres, pénétrant en Europe
centrale comme dans l’Europe du Nord, ils déploient une
activité économique, incessante autant que variée. Ils
font à la fois le commerce de gros et le commerce de transit,
celui des produits de grande consommation et celui des