GENÈSE DU CAPITAL INDUSTRIEL
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plus riches : le Baron Drarck (taxé a bO.OOO L), le
Baron Clemmen Peteghem (50.000), le Joncker Dekoninck
Mariakerke (50.000) et le Joncker Du Bois < 40.000).
Dans la ville d'Anvers, qui fut taxée à 10 millions,
232 nobles payaient 1.032.313 florins (1) tandis que 832
commerçants n’en payaient que 5 10.988 (2). Les couvents
payaient 1.310.753 florins.
Les plus riches commerçants ne payaient pas plus do
7.000 florins (3), tandis que les nobles en payaient jusqu'à
28.000, comme Estborn et 30.000 comme la demoiselle
Moretus. La fortune de Moretus, chose rare, remontait
aux temps de l'ancienne splendeur d’Anvers.
Des récits de contemporains nous prouvent que ces
chiffres, même s’ils ne sont pas tout a fait exacts
dans leurs détails, donnent une idée juste de la répar
tition de la fortune à la fin du XVIII e siècle.
Le Voyageur dans les Pays Bas Autrichiens, par
exemple, nous dit que le clergé avait en terres plus
de biens que le reste des habitants (4).
(1) Quelques nobles, comme par exemple Gogels à Anvers, Nettine
à Bruxelles, sont <les commerçants, mais il est certain que ce fait
arrivait rarement. “ Un noble s’y croit, écrit le Voyageur dans les Pays
Bas Autrichiens, d’une nature différente de celle du roturier : la profes
sion du commerçant est suivant lui, une profession roturière qu il rou
girait d’exercer. Il aime mieux rester pauvre que de devenir riche par le
commerce ; il ne souffrira pas que son fils que la nature aurait destiné à
être un habile commerçant le devienne » (v. I. p. 33).
(2) Contribution de 10 millions imposée à la ville d’Anvers en 1 an II
de la République française. Ces documents se trouvent dans les archives
de la ville d’Anvers.
(3) Les plus riches bourgeois étaient Janssens (Médecin : a payé
7.000 fl.) A. Geerts (7.000) Joanna Van l.aer (G.000) J. J. Bceckmans (6.000)
J. J. Yanhal (3.100) F. Dierpsens (3.0C0) etc.
(4) Le Voyageur, 1. c. vol. I p. 46 et 49.