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relevé aussitôt que «en Allemagne, la situation du
commerce de détail n'a pu être assainie que grâce au
système des achats en commun ». Un autre Allemand,
M. Melchner, « voit dans les achats en commun une
arme beaucoup plus efficace que celle des timbres d’es-
compte. Il faut relever qu’en Allemagne, les restrictions
apportées à la réception des sociétaires dans les orga-
nisations d’achats en gros, ont eu des effets favorables
à l'assainissement du commerce de détail. » **.
Un autre Suisse, M. Stückelberger, s'élève à son tour
contre les achats en commun. Il est vrai qu’il n’appar-
lent pas à cette branche alimentaire que nous avons
plus spécialement en vue dans ces pages. Il estime que
« ces organisations d’achat exercent une contrainte sur
» leurs membres, Or, nous voulons maintenir le com-
> merce libre et la concurrence libre. Les achats en
> commun ne sont pas à conseiller dans la branche
textile. »
>
À ces objections, on ne peut que répliquer, avec M.
Brandenberger, que «le danger d’un écrasement de
> l'individualisme par les coopératives d’achats est
> inexistant, Nos sociétaires conservent leur entière li-
> berté. Les achats en commun ont aussi pour but
: C’est bien l’avis de Sombart : « Fine sehr beachtliche und
» zunehmende Gruppe der Ausschaltung von Handelsver-
»mittlern, bilden die Einkaufsgenossenschaften des Klein-
» handels…. (Gerade die bedeutendsten Finkaufsgenossen-
» schaften sind in der Wahl ihrer Mitglieder sehr zurück-
» haltend. Aus diesem Grunde dienen diese Genossenschaften
»mehr zur Kräftigung lebensfähiger, als zur Erhaltung
»schwacher Handelsunternehmungen.» (Conférence de
Breslau. Cette citation: est empruntée à la page 249 de Wer-
nicke, op. cit.)
Résolutions, p. 413.
? M. Melchner n’a cependant qu’une demi-confiance en la
politique positive, puisqu’il n’en persiste pas moins à de-
mander que l’épuration de la profession soit poursuivie par
la voie du droit public.