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Les fondements de la nationalité bulgare étaient jetés; il ne restait
plus qu’à bâtir La moisson a été fructueuse; en quelques années, tout
l'habitat des Bulgares dans la péninsule balkanique fut couvert d’une
floraison d’écoles et d’églises En Macédoine même après un plébiscite,
les diocèses de Skopié et d’Ochrida reçurent des archevêques bulgares.
C’est un événement de haute importance dans la lutte culturelle des
Bulgares.
Vinrent bientôt les insurrections et la guerre russo-turque de 1877
qui amenèrent finalement la délivrance du peuple bulgare.
Ce fut encore une guerre menée sous la bannière religieuse, comme
toutes celles que la Russie avait entreprises contre les Turcs. De même,
la querelle entre l’Eglise grecque de Constantinople et le peuple bulgare
n’était qu’une guerre nationale sur le terrain religieux.
Vers la même époque, à la veille de la grande conflagration de
(914, dans l’Europe centrale, en Autriche-Hongrie et en Turquie, la
conception des droits de nationalité se développe, devient une réalité qui
entre dans la vie interne par le droit public, et dans la vie internationale
par des traités entre nations, pour évoluer en droits des minorités battant
en brèche les théories par trop idéalistes et les chimères irréalisables,
Qu'est-ce que c’est que le droit de minorités? C’est, en un mot, un
aspect du droit des nationalités, vu d’un autre angle: la liberté cultutelle,
le droit de professer une religion qu’on croit la vraie, de parler et
d'écrire dans sa langue maternelle, d’avoir une église et des écoles
nationales, d’obtenir une représentation propre dans les corps électifs.
Mais avec tout cela il y a aussi la souveraineté de l'Etat dont on est
sujet et la suprématie de la majorité dominante. Cette situation comporte
aussi des devoirs: la minorité est tenue d’être loyale et fidèle
envers l’Etat qui lui offre sa protection.
Droits des nationalités, droits des minorités, sont des réalités qui
ont conquis leur place dans les relations internationales, les deux phases
d’une et même idée, la liberté de conscience par laquelle nous nous
sentons des citoyens de la même cité universelle, celle de l’esprit. Cette
liberté doit être sacrée pour chaque être humain.
L'esprit national est un héritage de nos aïeux, renforcé par leurs
apports et leurs sacrifices pour le bien commun, C’est un trésor, le plus
précieux, que nous sommes tenus de transmettre à nos descendants; une
mentalité spéciale conservée dans notre langue maternelle et dans les
monuments du folklore et de la littérature nationaux, C’est, avec la religion,
souvent avant elle, le sentiment le plus cher à l'homme intellectuel
ou non. La langue maternelle surtout, un des principaux éléments de la
nationalité, est une manifestation de la vie spirituelle, le prisme à
travers lequel nous percevons le monde et nous exprimons notre vie
subjective, le moyen par lequel nous élevons notre âme vers la divinité
et nous entrons en communication avec d’autres hommes de la
même nationalité. Toute atteinte à la dignité nationale, tout attentat