Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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lion qui fait sa gloire laissant sur son sillage des ruines et des deuils,
vestiges des incendies et des carnages. ‘
Les minorités bulgares sacrifiées attendent impatiemment que leurs
droits soient enfin reconnus; elles implorent à toute occasion la S. D.
N. qu’elle s'intéresse enfin à leur sort et mette fin à cette guerre
clandestine longue et tenace de tous les instants. Les Macédoniens
sont las de mener une lutte qu’ils ont commencée- voici quelques
quarante ans contre les Turcs pour la continuer jusqu’à nos jours.
Toute autre issue est préférable à cette lutte armée et sanglante,
quelquefois interrompue par de courts armistices, qui ravage la Macédoine,
 la prive de ses forces vives. Il est urgent que la S. D. N.
sS’interpose par une solution conforme aux droits et à la justice. Ce sont
des droits sacrés, a-t-on dit; il ne suffit pas de le dire, il faut les réaliser.
 L’éloquence est une belle chose, mais les faits sont encore plus
éloquents. Et ils sont là dans toute leur brutalité, hideux et révoltants,
Rien de plus facile, semble-t-il, que de résoudre cette question
brûlante des minorités bulgares dans les cadres des traités, d’où personne
 ne pense la faire sortir. Il faut les appliquer, simplement. Aux débiteurs
 récalcitrants qui ne font pas honneur à leur signature, il faudra
les imposer. Il serait préférable que les Etats favorisés qui se sont annexé
 les terres bulgares, les appliquassent d’eux-mêmes comme le ferait tout
honnête débiteur sans sommation ni commandement. Mais 10 ans sont
suffisants pour nous convaincre que ni Serbes, ni Grecs, ni Roumains
ne feront rien de leur propre initiative,
Mais alors pourquoi la Bulgarie, membre de la S. D. N. ne veutèlle
 pas user de son droit d’attirer l’attention de la Société et exiger
l'application des droits minoritaires conformément aux traités? Pourquoi
ne réclame-t-elle pas ? Cette question ne peut être posée que par des
personnes insuffisamment informées sur la situation dans les Balkans.
Que ferait ce petit pays vaincu, démembré, désarmé, courbé sous les
charges des réparations, entouré de toutes parts de voisins armés jusqu’aux
 dents, prêts à l’attaquer s’il lui venait la fantaisie de soulever
cette question devant la S. D. N. It n’y aurait qu’un cri pour lui imposer
silence et le charger des crimes et des vilenies, que ses voisins commettent
 journellement contre les minorités bulgares sans défense.
{1 ne reste que l’action directe des puissances garantes; il n’y a
pas d'autre moyen si l’on veut réellement réconcilier les Balkaniques et
pacifier les Balkans. Nous sommes fermement persuadés qui si ces puissances
 le voulaieut, elles y arriveraient sans grande difficulté, On ne
peut pas exiger des minorités bulgares qu’elles se suicident pour les
beaux yeux de leurs maîtres, seraient-ils les maîtres du monde; personne ne
peut les empêcher non plus, d’en appeler à l’opinion publique et à ceux
qui dirigent leurs destinées.
On a dit, et avec raison, que pour une solution adéquate de
ce problème épineux, il faut tenir compte de la souveraineté de
l’Etat: ,les minorités pour l’Etat et l’Etat pour les minorités“. C’est
la formule de ceux qui craignent de reconnaitre les droits des minorités
 et leur application franche. «Nous ne disconvenons pas ; la
            
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