Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

1$

Cette organisation nationale, vestige des anciennes libertés abolies,
constituait les cadres de la nation bulgare en puissance sous les Turcs
qui ne distingaient pas entre religion et nationalité Tolérants par mépris,
 ils se contentaient d’opprimer les mécréants, ignorant systématiquement
 leur vie spirituelle, .
Après l'abolition du Patriarcat d’Ochride, la nationalité bulgare
est soumise à l'Eglise grecque, grâce aux intrigues des phanariotes. Pendant
un siècle à peu près, de sombres nuages planent sur le sort des Bulgares;
le danger d’une dénationalisation complète avait paru imminent sous le
double joug : spirituel des Grecs et politique des Turcs. Mais grâce à
ses communautés, le peuple bulgare, nouveau phénix, put ressusciter à
une vie nouvelle. Par leur action incessante, elles ont pu conserver le
sentiment national dans un état léthargique comparable à l’action produite
 par un réfrigérant sur un corps organique,
En 1874, les Turcs organisent un plébiscite pour les évêques bulgares
 en Macédoine. Des élections ont lieu, des députés sont élus à
Toultcha et à Bitolia, et siègèrent dans le premier parlement turc en
1876. Les Bulgares avaient leurs représentants dañs tous les Conseils
départementaux et municipaux, Sous les Jeunes-Turcs, les Bulgares Macédoniens
 ont eu leurs députés et leurs sénateurs attitrés. Comparée à
l’état actuel, cette situation était vn idéal pour les Bulgares vivant en
Turquie. Par la puissance même de son patrimoine intellectuel conservé
autour de Tirnovo et d’Ochride, au commencement du XIX-ème siècle, le
peuple bulgare, qui possédait une histoire glorieuse, prenait conscience
de lui-même, revenait à la vie et réclamait sa place sous le soleil. Son
effort.fut dirigé d’abord contre l’église grecque qui symbolisait l’esclavage
 spirituel. Après une poussée irrésistible pendant un cinquantaine
d'années, les Bulgares réussissaient à s’affranchir de cette néfaste tutelle.
En 1872 l'Eglise bulgare était restaurée et son chef, l’Exarque bulgare,
intronisé à Constantinople. Partout où vivaient des Bulgares en Turquie,
des écoles s’ouvrirent et donèrent une floraison prodigieuse. Les écoles
primaires, les gymnases de garçons et de jeunes filles, couvrirent le
pays. Des écoles de commerce, des séminaires, des hôpitaux, diverses
sociétés de bienfaisance, des journaux, des périodiques en plein épanouissement
 étaient la preuve d’une activité fiévreuse au' sein des Bulgares
rescapés parmi les peuples. Un élan vers la lumière qui contraste avec
les sombres journées d'aujourd'hui.
À telle enseigne que, vers la fin du régime turc, rien qu’en Macédoine,
 les communautés bulgares possédaient: 1327 écoles primaires;
1949 maîtres d’école ; 78.722 élèves; 1325 églises, 150 chapelles, 73
monastères ; 1610 prêtres; 7 évêques avec 7 locum-tenens. Ces données
authentiques sont extraites d’une enquête faite sur place tout de suite
après les opérations de guerre de 1913 par la Commission Carnégie,
composée de personnages dont l’impartialité est au-dessus de tout
soupçon.*) L'histoire de la libération des Bulgares est celle de toutes

“ En faisaient partie : Mr. Hirst, Dr. H. Brailsford, le sénateur d'Estournelles
 de Constant, le député I. Godard, P. Milukoff, ministre de Russie; Dr.
D. Redlich, de Vienne; Dr. Schucking, pour l’Allemagne et le Dr, S. T. Dutton
de New-York, professeur à la Columbia University.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.