Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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les nationalités balkaniques, accompagnées d’émeutes, de révoltes, de
révolutions, menées par des clephtes, des armatoles, des voévodes,
 des haïdouks et des comitadjis que tous les peuples
des Balkans ont chantés comme des héros nationaux. La renaissance du
peuple bulgare se différencie sur un seul point: tandis que chez les
voisins des Bulgares la lutte armée précédait immédiatement la délivrance,
chez ceux-ci, la lutte armée était devancée par l'émancipation culturelle,
par l’école et l’église nationales.

L'action des nationalités en Turquie n’allait pas toute seule: de l’extérieur,
 à chaque période de vingt ans, l’armée russe assemait à la Turquie
des coups de bélier, sous lesquels elle chancelait. Pour éviter une
ruine certaine, la Turquie entreprit une série de réformes coñnues sous
te nom de Tañsimat donnant satisfaction, jusqu’à une certaine mesure,
aux nationalités. Déjà par le traité de Kutchuk-Kainardjik (1774), la
Russie obtenait le droit de protection sur ses correligionnaires en Turquie;
 les traités qui créaient les Provinces danubiennes contiennent des
dispositions analogues. Après la Paix d’Andrinople, le Sultan promulgua
un manifeste ,Hati-Chérif“, reconnaissant l’égalité devant la Loi des
Turcs et des Chrétiens ; à la suite de la guerre de Crimée fut promulgué
le ,Hati-Houmayoun*, une charte qui recommandait la tolérance
entre les diverses nationalités. À la veille de la guerre russo-turque, au
mement des tristements célèbres, atrocités turcques contre les Bulgares, une
Constitution fut proclamée par Abdoul-Hamid, puis retombée dans le
néant jusqu’au moment où les Jeunes Turcs, quarante ans après, la tirèrent
 des archives poussièreuses,
C’est à ce même moment que la conférence des ambassadeurs
de Constantinople traçait les frontières d’une Bulgarie autonome en deux
provinces: Orientale avec Tirnovo, Occidentale avec Sofia. La plus grande
partie de l’habitant bulgare y était compris.
De ce court exposé des évènements de la vie des nationalités
dans les Balkans au XIX-ème siècle, une leçon se dégage qu’il faut retenir.
 Tandis que dans les grands pays de l’Occident les droits des natonalités
 se cristallisent, dans les Balkans on en est encore aux luttes
religieuses.
Chez les Bulgares, le sentiment national, couvant sous les cendres,
 se réveillait brusquement comme un incendie qui embrasse les Balkans,
 Malgré son réveil tardif, c’est le même élan de l'âme enchaînée
vers la conquête d’un idéal de liberté et de lumière.
C’est la poussée irrésistible des idées nouvelles dont la Turquie
he pouvait pas apprécier la puissance.

*
Le

%

Triste histoire que celle du peuple bulgare. Depuis le 19 février,
1879, du Congrès de Berlin, date de sa libération du joug turc, un
maléfice qui le condamne à un nouveau calvaire, pèse sur son histoire.
            
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