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L’aéréopage des nations ne pourra plus pour longtemps dissimuler
sa faiblesse ; les droits des minorités sont le talon d’Achille qui montre
son impuissance. À :l’antichambre de la S. D. N. ces droits ont été
piétinés par les plus forts; les petits et les faibles ont été gardés à la
porte, comme des mendiants éconduits avec force et horions — toujours
dans tes formes parfaites du protocole,
Bref, la S D. N. s’est montrée au-dessus de sa mission, distribuant
une justice — plutôt injustice — de deux poids et de deux mesures.
Les droits des minorités, criait-on de toutes parts aux peuples
sacrifiés, ont été mis sous le contrôle de la S. D. N. ouvrant des voies
nouvelles pour la réconciliation des peuples dans la paix. Aujourd’hui
les minorités bulgares s’apperçoivent qu'il s’agit d’une supercherie qui
les a livrées à.une tyrannie sans précédent. Tout le monde se jetait sur
le corps pantelant du peuple bulgare comme sur un cadavre pour en
emporter un lambeau. À la place d’une Pologne ressucitée à Versailles,
nous avons eu une Bulgarie démembrée pour la troisième fois à Neuilly:
l’histoire se répète, Un peuple de 6.100.000 millions a été morcelé, distribué
aux Etats limitrophes de la Bulgarie : la Serbie, la Grèce et la Roumanie,
devenues de grands états, La Macédoine a été partagée, la Serbie
gardant la plus grande partie; sous le prétexte failacieux de garantir sa
sécurité, elle a obtenu une rectification des frontières, toute une région
montagneuse habitée par des Bulgares: Koula, Tzaribrod, Bossiligrad, et
Stroumitza, Raisons stratégiques, les pires qu’on connaisse, pour avoir
une porte ouverie sur Sofia, à une quarantaine de kilomètres de marche.
A Neuilly, l'œuvre néfaste de Bucarest fût complétée et étendue à
toutes les frontières de la Bulgarie. La Grèce réussissait à arrondir son
butin avec la Thrace occidentale, Gumuldjina et Dédé-Agatch pour couper
la descente à la mer à la. Bulgarie: buts économiques et autres, ce
morceau dont on faisait cadeau à la Grèce est habité par 200.000 Bulgares
en chiffres approximatifs.
La Roumanie, trois fois agrandie, après la Dobroudja du Nord,
s’emparait encore de la ligne Toutrakan — Dobritch — Baltchik, un
joli morceau d’un pays riche, le grenier de la Bulgarie, justement appelé
la Dobroudja Dorée. Tout cela naturellement, en pleine contradic-Hon
avec le droit des nationalités, ce même droit pour lequel de millions
de soldats de toutes les nations, sans excepter le peuple bulgare, ont
donné leur vie sur les champs de bataille. Les voisins de la Bulgarie,
inassouvis, avides de terres étrangères, forts puisque vainqueurs, n'ont
tenu aucun compte de ce détail. Le droit est aux vainqueurs ! Pourtant
à la veille de l’armistice, le peuple bulgare sous les armes, avait cru que
dans la paix future on prendrait en considération un petit peu les droits
des nationalités. De partout arrivaierit des voix, que pour mettre fin aux
massacres de l’avenir, il faut rendre justice aux petites nationalités, résoudre
la question des minorités nationales, Pour les Bulgares spécia-