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lement on leur jetait des promesses trompeuses, des appâts ; dans leur simplicité
naïve il les crurent sincères; la désillusion fût cruelle et complète.
À Neuilly, le peuple bulgare fût traité comme res nullius, dispersé
aux quatre coins du monde. Toutes les promesses, toutes les
assurances que ses droits seraient pris en considération, ont été de la
poudre aux yeux pour l’aveugler,
On a fait table rase de tous les principes, on a oublié toutes les
promesses et dans une bacchanale d’annexions et de rapts, Serbes, Roumains
et Grecs en signant le traité de Neuilly, qui ensevelissait tout un
peuple, savaient pertinément, que malgré tout, les Bulgares, sur leurs
territoires, étaient un don que leurs puissants alliés leur offraient en récompense
de leur participation à la guerre et que les droits des minorités
n’y figuraient que pour ne pas être exécutés.
Oubliant le passé récent, où avec leurs frères d’esclavage les
Bulgares, tous gémissaient sous le joug turc quand des grandes parties de
leurs peuples subissaient une tyrannie honteuse en Autriche-Hongrie et en
Turquie, les ,nouveaux riches“ de l’Europe se sont lancés contre les
Bulgares, qui leur sont échus à la loterie de Neuilly, dans une assimilation
féroce et une dénationalisation violente qui, par leurs barbarie et
leurs méthodes inhumaines, continuent un crime international, la honte
de la civilisation contemporaine,
Chacun de ces pays a adopté un système spécial pour arriver au
même but; la suppression de la minorité bulgare, une population d’honnêtes
et laborieux paysans auxquels on ne peut reprocher que le malheur
d’être nés Bulgares, La Roumanie s’est spécialisée dans l’expropriation
de tous les biens; un brigandage officiel, couvert par des règlements
et des lois scélérates qui privent les propriétaires bulgares de
leurs foyers et de leurs terres, possédés et cultivés par eux, depuis des
siècles.
Traqués comme des bêtes par une meute de chiens, ces pauvres
gens, vieux, femmes et enfants, ne savent plus où donner de la tête, ni
comment subvenir à leur vie. Si quelqu’un essaye de'se défendre
ou de passer fla frontière, c’est un comitadjis, fusillé sur place. La
Dobroudja et ses habitants sont abandonnés à l'arbitraire des colons
Koutzovalaques, dans des conditions pires que celle d'une colonie
africaine.
La Grèce, par un traité imposé à la Bulgarie, le couteau sur la
gorge, chassa de son territoire la plupart des Bulgares qui .l’habitaient
depuis des siècles, sous la menace de la mort et se saisit de leurs demeures
et de tous leurs biens meubles et immeubles; celà s'appelle,
par euphémisme ,l’émigration volontaire“. L’expatriation des Buigares
de la Thrace et de la Macédoine par la force, comme un troupeau de
détail, est-ce une invention grecque? Tant de cruauté froide et voulue,
tant de barbarie sauvage ne peut être qu’une invention diabolique,
pratiquée déjà par les Satrapes assyriens. Il semble qu’elle nous vient
de la part de quelqu’un qui la pratique hors de l’Europe.
Cependant les misérables loques humaines qui ont été forcées de
prendre le chemin de l’exil dans un état de dénuement indescriptible