Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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On est allé même jusqu’à prétendre du côté serbe qu’il n'y a pas
un texte quelconque qui reconnaisse aux Bulgares macédoniens des
droits de minorité. Cette fausse affirmation est dementie par les articles
ci-dessus cités du traité de Saint-Germain. Les traités de paix de 1919
ont garanti aux Bulgares comme aux autres minorités sur le territoire de
la Yougoslavie, l’égalité complète avec toutes les autres nationalités.

L'importance des droit des minorités dépasse de loin les rapports
balkaniques et la situation des Bulgares sous la souveraineté des états
étrangers. On est arrivé à un dilemme: ou bien les droits des minorités
deviendront une réalité dans la vie internationale et une paix solide et
durable s’installera en Europe, ou bien ils ne resteront que des textes
morts et le spectre de la guerre planera sur le monde pour le tenir
sous la menace d’une nouvelle catastrophe. Malheureusement, même
dans les limites très restreintes de ces textes, la S. D. N. n’a pas pu
faire jusqu’à présent quelque chose de sérieux pour la pacification de
l’Europe.
Elle n’a pas été instituée pourtant pour rester un souvenir symbolisant
 une expérience historique qui n’a pas réussi, un corps sans âme,
incapable de poursuivre la haute mission dont elle est chargée, vivante
et agissante pour le plus grand bien de l’humanité. Les clauses des
droits des minorités sont restées vides de sens, des narcoôtiques pour
assoupir les peuples avides de justice et de paix. Devant les méfaits
d'une dénationalisation criminelle des minorités bulgares, la S, D. N. est
restée pendant 10 ans inerte, timide devant ses clients favorisés, dans
une atmosphère de méfiance parmis les minorités opprimées et les toutpuissantes
 majorités. Sa velléité d'agir n’ont donné aucun résultat pour
l’adoucissement de l'hostilité contre ceux que les nouveaux riches parmi les
nations considèrent comme des énnemis chez eux. Dès le lendemain de sa
naissance, la S. D. N. se trouva entre deux tendances opposées qui la tirent
chacune de son côté au risque de la déchirer: dans les coulisses se
joue une tragédie dont l’enjeu est le sort des minorités et par conséquant
de la paix du monde. D’un côté les profiteurs de la guerre qui ne veulent
 pas lâcher leur proie font tout pour saboter les droits des minorités;
de l’autre, les victimes qui réclament leur application. Dans ce combat
sourd, la S. D. N. reste impassible, ballotée d’un côté à l’autre au hasard
des flots qui la cahotent dans toutes les directions, Pas de doctrine
constante: hésitation et indécision. Est-ce dédain? Est-ce faiblesse,
devant le plus fort? Il n'en reste pas moins vrai que les résultats sont
à peu près nuls.
Chez les minorités bulgares on se demande avec anxiété, si les
espoirs qu'on-avait mis dans la S. D. N. ne sont pas une illusion décevante
 et dangereuse, entretenue pour émousser leur énergie, en donnant
 le temps utile aux oppresseurs pour les supprimer radicalement
et se tourner ensuite devant la S. D. N, pour lui dire: des droits des
minorités bulgares ? Mais où sont-elles, donc, ces minorités ?
            
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