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qui garantissent les droits des minorités. C’est le désordre et
J’anarchie.
Un Etat, dans l'espèce la Grèce, la Roumanie et la Serbie possède
un attirail des lois pour mettre de l’ordre et punir les perturbateurs;
jamais pourtant il ne doit se servir d'’irresponsables, de ,bandes
noires“, de ,mains blanches“, ou ,noires“ de ,sociétés patriotiques“
contre les minorités proclamées ennemies de l’Etat et punies comme
telles sans autre forme de procès.
Un joupan de Skopié, n’a pas hésité publiquement à déclarer
dans un accès de franchise, surenchérissant sur la loi de Moïse dent
pour dent, qu’il prendrait une mâchoire pour une dent et une tête pour
une oeil.!! Quelle misère! ! N’y a-t-il donc pas des lois en Serbie? N’y
à-t-il pas des tribitnaux ? C’est la confusion, le gâchis complet.
On dirait qu'une prime a été promise par la Haute Assemblée de
Genève pour celui qui saura enfin la débarrasser de la question épineuse
des minorités. M. Politis, le délégué grec, juriste éminent et orateur des
plus écoutés, semble l’emporter. Il est l’inventeur d’une théorie diamètralement
contraire à ce qui est inscrit dans les textes. Il nie aux Etats
membres de la S. D. N., ne faisant pas partie du Conseil, le droit d’attirer
son attention sur la violation des droits des minorités par un autre
Etat, membre de la Société. D’après notre professeur de droit, toute
requête de la part de qui que ce soit au sujet des droits des minorités,
est une intervention intolérable, une violation de la souveraineté, une
propagande subversive. Parceque, ces droits ne peuvent servir aux minos
rité que pour les faciliter à se fondre graduellement dans la majorité et
d’y disparaître. Avouons que peu sont ceux qui pourraient suivre sa
logique pour arriver à cette conclusion absconse.
M. Politis n’a pas laissé passer une occasion pour entretenir la
S. D. N. de sa thèse préférée, Il a plaidé le huis-clos, sur toute matière
concernant les minorités: tout doit être discuté dans une obscurité complète,
dans le mystère. Pourquoi fuit-il la lumière? Il a proposé
»d'autre facilités de procédure“ qui ont été toutes adoptées; nno
seulement les délégués de l’assemblée, mais les membres du Conseil
lui même ne sont plus informés de l’entrée des plaintes des minorités
les mieux motivées et les plus fondées; ils ne peuvent même pas apprendre
le sort qui leur a été réservé, celui-ci étant toujours le même,
Quelle nécessité pour la S. D. N. de pousser si loin ses règles
procédurières? Son devoir et sa raison d’être est de veiller sur ses pupilles,
les minorités. Elle peut être saisie par des pétitions. On ne voit
pas pourquoi il lui serait interdit de s'en saisir d’office. Aucun texte,
aucune considération ne le lui interdit. Autrement la forme tuera le fond.
Le même orateur un jour retrouvant sa verve, s’est écrié à l’adresse
de ces misérables minorités: , Mais, attendez! attendez donc!“ Attendre,
quoi attendre ? Que la Grèce réussisse à expatrier violemment et à exterminer
le dernier Bulgare sur son territoire? Il lui faudrait peut-être des
années ; alors, attendre, quoi encore? Probablement une nouvelle conflagration
générale d’où sa patrie sortirait doublement agrandie. Il est
probable que toutes les théories négatives qui ont été soutenues par