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devant la Société, visent toujours au même but. Mais une, qui a paru
dans le ,Times“ étonne par son originalité et surprend quand on la
trouve dans les colonnes de ce journal sérieux. On s’y efforce de démontrer
que la garantie des droits des minorités par devant la S. D. N.
ne peut-être démandée que par les Etats obligataires; ce qui n’est pas
facile à comprendre, Raisonablement, la garantie est une obligation subsidiaire
à une obligation principale, au profit du créancier bénéficiaire,
dans notre cas, les minorités, Alors la thèse de l’auteur anonyme du
, Times“ n’est qu’un paradoxe puisqu’il prétend que c’est aux Etats
faisant partie de la S. D. N. que les garanties ont été données contre les
minorités, qui demanderaient l’exécution de ce qui leurs est dû. Les
Serbes sont allés uu peu. plus loin; ils ont soutenu qu’ils n’avaient
aucune obligation contractuelle envers des minorités bulgares contrairement
au traité de Saint-Germain.
Devant cette impasse une situation pleine de danger pour
l’avenir, la S. D. N. peut-eile trahir sa haute mission, quand une minorité
frappe à sa porte et se plaigne que sa vie est devenue intolérable,
justement parce qu’elle s’est reclamé de sa pretection? La forme de la
pétition serait défectueuse ; les termes peu maniérés; une Cour, la plus
haute, qui a le sentement de la responsabilité, s’en tirera facilement,
sans chasser le plaignant. Tous les règlements et toutes les procédures,
ne peuvent pas, ne doivent pas, avoir pour but d’étouffer les cris de
douleur et de souffrance des minorités écrasées par la Force,
Peut-on se figurer les suites d’une conviction que les minorités
n’ont rien à attendre de la S, D. N.?
Ayons le courage de le dire franchement: toute l’activite de la S.
D, N., pendant dix ans, en matière des droits des minorités, n’a été
qu’un long tâtonnement sans boussole, sans directive.
Les minorités bulgares, les plus faibles et les plus exposées, mènent
une vie de cauchemar. Les profiteurs, craignant que leurs victimes
ne leur échappent, se sont adonnés à une dénationalisation criminelle,
Foulant aux pieds tout sentiment humain ils n’ont qu’un souci: garder
un silence de cimetière dans le secret le plus strict sur tout ce qui
se passe dans leur territoire. Après chaque crime sanglant, ils s'efforcent
de laver leurs mains du sang dont les taches restent pourtant indélébiles.
On peut comprendre à la rigueur les préoccupations de la Roumanie,
de la Grèce et de la Serbie, Mais que dire de la conduite adoptée
par la S. D. N ? Elle ne vise qu’une chose:'ne pas troubler sa quiétude.
Dehors ces quémandeurs, ces troubles-fêtes, Toutes les minorités
sont congédiées avec des compliments appropriés. Ceux, parmi les petits
Etats, qui ont eu le courage de réclamer, ont été dédaigneusement
rappelés au silence. Temoin de ce qui advint à cette pauvre Albanie qui,
naïve, croyant à son bon droit, a risqué quelques mots en faveur de
ses minorités en Grèce, l’enfant gâté de Genève, la Grèce, totém