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gislatives la minorité bulgare en Roumanie a pu envoyer aux Chambres
Roumaines trois députés et deux sénateurs.
Voici ce que nous lisons dans une lettre rendue publique et signée
par Honoriu Jiteano sénateur de Dorostol, en réponse à une autre lettre
publiée dans le ,Cuvantul“ du 10 janvier 1929, où H. Jiteano discute
avec son contradicteur sur la situation des Bulgares à Dobroudja.
EN ma qualité de Roumain qui depuis 10 ans habite le pays
ayant rempli les fonctions du Procureur, Chef du parquet du tribunal de
Dorostol (Sylistrie) je me permets d'expliquer quelle est la situation.
Nous n’avions pas besoin de tels arguments quand on sait de quelle
façon les libéraux et les gens d’Avereseu ont traité cette contrée, pire
qu’une colonie africaine, Partout des organisations libérales et averescionnes,
jouissant du concours des autorités publiques, ont commis des illégalités
et des pillages de la fortune publique et de celle des habitants,
en soumettant à la terreur la population indigène: c’est pour cela que
lors des dernières élections tous ont voté à l’unanimité pour les candidats
du partie national paysan qui fera régner ici aussi la justice, l'honneur
et l’égalité, auxquels la population aspire depuis des années. . .
Pour sauver le prestige et la dignité du nom roumain, nous respecterons
le droit sacré de la propriété, droit qui avait été méconnu par la
loi scélérate des libéraux de 1924 qui modifiait la loi sur l’organisation
de la nouvelle Dobroudja“. De la part d’un sénateur roumain c’est assez,
c’est même beaucoup. Il ne pouvait pas en dire davantage.
Le lendemain de sa libération, en 1878, la Bulgarie s’est vue envahie
par des milliers d’émigrés fuyant la vengeance des Turcs. Au
lieu des réformes promises à Berlin, les Bulgares macédoniens furent
voués aux persécutions des Turcs. L'insurrection qui couvait sous les
cendres, éclatait par intervalles, Les ,comitadjis“ se retiraient dans les
réduits inaccessibles des hautes montagnes où ils enseignaient aux enfants,
futurs insurgés, le maniement des armes et la lecture de leur
lañgue maternelle.
Les Turcs exaspérés de leur défaite retombent sur les Macédoniens,
se ruent sur eux et s’en vengent, les accusant d'être des traîtres,
ennemis de l’Etat. Poursuivis, emprisonnés, exilés, leurs familles internées
et leurs biens confisqués, ils devaient racheter la liberté de
leurs frères libres, plus fortunés. La réaction ne manqua pas à se développer:
une révolution de large envergure, celle de la St. Elie, le 20 Juillet
1903, souleva les masses d’insurgés contre les armées turques. Ce
fut l'épopée surprenante d’un peuple en, détresse, illuminé par l'idéal de
la liberté, se soulevant presque désarmé contre un puissant empire. Natureilement,
la révolution ne réussit pas: elle ne le pouvait pas. Elle fut
noyée dans le sang. Cependant elle ne brisa pas l'élan du peuple qui,
quelques années plus tard, reprenait, avec plus d'ardeur que jamais, la
bataille contre le tyran abhorré. Ce qui importe, c’est le fait que les
chefs de .ce mouvement révolutionnaire très large étaient des Bul-