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gares de la Macédoine; les insurgés tous des paysans macédoniens,
se proclamaient Bulgares, Pas un Serbe, pas un Grec; les bandes mercenaires
de Belgrade et d'Athènes arrivaient après pour prêter main forte
aux Turcs.
Les yeux des Turcs s'ouvrent enfin : ils voient les résultats qu’une
école peut donner, ils voient que ce n’est pas chose innocente. Tous
les Bulgares sont taxés d’ennemis de l'Etat, de ,comitadjis“.
Telle est la généalogie du mot ,comitadji“ qui a gagné le droit de
cité dans la presse par la propagande qu’on lui a faite ces dernières
années. Il est de formation turque et dérive de comité: comitadji veut
dire affilié du comité, membre d’un comité révolutionnaire. Sous les
Turcs ce mot s’appliquait à tout insoumis. Pour eux, comme pour leurs
successeurs, chaque Bulgare était un comitadji. Sus au Bulgare! Ce
pelé, ce gâleux, d’où nous vient tout le mal.
Telle est l’origine de ce mot terrible, lancé aujourd’hui à tout
propos et hors de propos — pour terroriser l’homme de la rue et présenter
le Bulgare comme un sauvage avide de sang, un malfaiteur incorrigible,
la cause de tous les maux qui ravagent les voisins de la Bulgarie.
C’est par ce mot magique, que l'on s'efforce d’expliquer l’état de
uerre civile qui règne en permanence chez eux: le Bulgare est le
souffre-douleur coupable de tout. Cette légende de ,l’homme au coûteau“
des Balkans, il est temps de la démolir. On doit une réhabilitation
à ce mot qui ne contient rien de rébarbatif. Les comitadjis sont des
braves qui combattent pour la liberté de leur patrie asservie, comme ils
combattaient jadis contre la tyrannie des Turcs. Le comitadji, à lire certaines
publications, c’est le commencement et la fin de tous les troubles
dans les Balkans, l’instrument politique de la Bulgarie, pour ses fins de
revanche. Du reste, le comitadji n’est pas seulement bulgare; c'est
un produit historique, un type appartenant à tous les peuples balkaniques,
un héros, glorifié en son temps sous des noms différents: ar matoile
en Grèce, haïdouk en Serbie et voïvode en Bulgarie,
C’étaient en général des gens déracinés par le sort cruel de leur pays
natal qui prenaient le fusil et gagnaient les montagnes pour y mener la
vie libre, en combats contre le tyran asiatique. Il y a des comitadjis faux,
ce sont des mercenaires que Belgrade et Athènes expédiaient en Macédoine.
Quelle nation n’a pas passé par là avant d’arriver à la liberté dont
elle jouit aujourd’hui ? Est-ce que l’Italie, l'Espagne, l'Irlande n’ont pas
eu leurs braves comitadjis qui combattaient contre les tyrans de leurs
pays? Ce sont des héros; comment donc, les comitadjis, produit de
l’état anarchique qui sévit chez les Bulgares détachés de la Mère-Patrie,
peuvent-ils être présentés comme la cause même de cet état abominable?
Avant de passer condamnation, il faut connaître les conditions faites à ces
malheureux, en considération qu’au temps du Sultan rouge, quand les
Bulgares avaient le droit d'entretenir des institutions culturelles, d’ouvrir
des écoles, des hôpitaux, d'éditer des livres et des journaux. La plupart
de ces comitadjis sont des anciens combattants contre les Turcs. Comment
pourraient-ils tolérer, eux, esprits tourmentés qui se sont signalés dañs