Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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les combats contre les Turcs, qu’on ne leur permette pas de porter leurs
noms de baptême? Qu'on chasse de leur foyer leurs familles, qu’on
usurpe leurs biens, leurs champs et leurs maisons ? Que leur reste-t-il à
faire, à ces âmes en peine, à ces gens traqués comme des bêtes fauves ?
fils sont placés devant le dilemme suivant: renier leur nationalité ou
lutter jusqu’à la mort, Ils préfèrent lutter et mourir.
Pour ceux qui connaissent l'amour fervent du Macédonien pour le
pays natal, et son abnégation pour défendre sa patrie, les ,comitadjis“
sont des héros nationaux, luttant pour un idéal noble et élevé que notre
société prosaïque d’après guerre est loin de comprendre et d’apprécier.
Ces montagnards avides d’indépendance et de liberté méritent certainement
 le respect de tout honnête homme, Réduits à mener une existence
 pleine de périls, sans famille, ce sont des idéalistes qui veulent
mourir pour la liberté de leur patrie.
{! ne faudra pas perdre de vue que c’est un milieu d’une mentalité
spéciale où les passions prédominent. On a vu même des chefs pour
le moindre soupçon, être accusés de trahison envers la cause nationale
condamnés à mort, Mais quel est le mouvement révolutionnaire qui
n'a pas passé par là ?
Que voulez-vous que fassent ces illuminés de la liberté, occupés
pendant toute leur vie à lutter, quand ils se sentent esclaves sous un
régime odieux qui ne leur laisse pas même la possibilité de respirer;
quand leurs droits les plus sacrés sont bafoués et piétinés par de nouveaux
 tyrans pires que les Turcs? Fuire, quand toutes les voies légales
sont obstruées, prendre le fusil au lieu de plier l’échine. La mort n’estelle
 pas préférable ? Quel homme libre supporterait un régime d'esclave
sans déchoir devant lui-même? Mieux vaut mourir, la mort n’élèvet-elle
 pas tout ce qu’elle touche ?
Quand il s'agit des droits d’un peuple, il n’y a pas que les voies
légales ; tous les moyens sont bons pour eux. Avant de condamner, que
chacun mette la main sur son cœur et prononce son verdict contre ces
braves. Une autre cause qui nourrit les camps des comitadjis — c’est le
flux coritinuel des réfugiés.
Les Bulgares, pourchassés de partout, affluent de toutes les frontières.
 C’est un fléau pour le petit royaume de Bulgarie, devenu le
pays privilégié des réfugiés, un mal qui la dévore depuis les premières
années de sa formation. Réfugiés bulgares, quelle vision poignante, que
de pleurs, que de souffrances dans ces mots ! Actuellement c’est à plus de
500.000 que se chiffre le nombre de ces réfugiés de toutes les époques,
dans la Bulgarie, dont le territoire est insuffisant pour nourrir ses propres
 ressortissants,
Pour les Bulgares, depuis 1919 comme avant, au temps des Turcs,
le seul refuge reste la Bulgarie; c’est à leur risque et péril qu’ils essayent
 de passer une frontière hérissée de baïonnettes où ils trouvent souvent
 la mort. La même chose arrive à ceux des réfugiés, qui, pris de
nostalgie, ayant laissé maisons et enfants au-delà de la frontière et ne
pouvant pas la passer avec des passeports, essayent de rentrer clandestinement
 chez eux. Pendant 30 ans, un flot d’émigrés s’infiltrait par tous
            
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