Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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cherchent chez les autres la cause de tout le désordre et du chaos qui
règne chez eux, Le coupable de l'anarchie qui règne chez eux, ils le
trouveraient en Bulgarie, laquelle avec des émigrés à son service entretiendrait
 les bandes de comitadjis, pour les lancer sur leur territoire et
fomenter des troubles.
C’est si facile à dire pompeu, sement qu’il n'existe pas des minorités
 bulgares en Serbie. Le même refrain est repris à Athènes et à Bucarest
 sans persuader personne, pas même ceux qui ont inventé cette
merveille: proclamer les Turcs de , Vieux Serbes“. Il est inutile aussi
d'écrire des histoires apocryphes sur les exploits des révolutionnaires
Macédoniens et de revendiquer comme siens les chefs de la révolution
macédonienne, les Deltcheff, les Groueff et tant d’autres. De même, chasser
tout ce qui est Bulgare, brûler les livres, déraciner les traditions, si possible,
 rien ne peut prévaloir contre le sentiment national de ces Bulgares
 opiniâtres. Les résultats obtenus jusqu’à présent par la Serbie, si
résultats il y a, leur infligent un démenti éclatant. La nouvelle génération
 des Macédoniens, suprême espoir, fut appréhendée et jetée dans
les geôles, parce qu’elle manifestait sa nationalité. Cette témérité elle
l’expie dans les cachots humides de Nich et de Belgrade. Partout, les
prisons sont pleines de Bulgares; et pourtant on n'arrive pasäemprisonner
l’esprit national, on ne peut pas extirper les traditions familiales, ni Ja
haine que les envahisseurs inspirent à la jeunesse; l’abime entre les
Buigares et les intrus, se creuse plus profond; on ne peut pas forcer la
conscience nationale d’un peuple par les canons et les baïonnettes Chacun
 sait là-bas que les Serbes sont en Macédoine au prix d’une félonie
envers leurs alliés les Bulgares.
Ceux qui croient à la dénationalisation violente des Bulgares, se
trompent lourdement. Les trois voisins de la Bulgarie tiennent sous leur
domination à peu près deux millions de Bulgares butin de guerre, dont ils
ont fait des esclaves; ils sont décidés à faire disparaître tous ces bulgares
s'ils ne s’assimilent pas promptement. La Grèce les chasse purement et
simplement de son territoire. La Roumanie usurpe leurs biens meubles
et immeubles. La Serbie les débaptise et leur impose des noms serbes
par le fer et le feu, Ce sont des formes modernes, paraît-il, de l’asservissement
 d’un peuple qui croit encore aux droits sacrés des minorités
et attend la protection de la S, D. N. Tous ces oppresseurs, calomnient
ces paisibles travailleurs infatigables et citoyens exemplaires comme Ja
cause de tout les maux dans les Balkans.
Quelquefois, on avoue qu’il y a là une faute de la part des fonctionnaires
 prévaricateurs et malhonnêtes, qui ne suivent pas les instructions
du gouvernement central. Toutes ces explications ne sont pas sérieuses ;
tout le monde sait que les Bulgares ne font rien contre les lois du pays,
tandisque les fonctionnaires suivent et appliquent les instructions qui
leur sont envoyés de Belgrade. À bout d'arguments on rejette toute la
faute sur les comitadjis que la Bulgarie entretiendrait pour préparer sa
revanche. Eh, oui, sans ces terribles bandits tout sera pour le mieux
dans le meilleur des mondes, Belgrade crie: Comitadjis! et tout le
monde croira qu’ils sont la cause première de l’état anarchique en Ser-
            
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