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aide. Pour entretenir et secourir cette masse énorme dans la misère, ni
la charité privée, ni le secours de l’Etat bulgare avec son budget maigre
êt surchargé de réparations et de dettes ne peuvent suffire.
En attendant, le réfugié rêve toujours au pays natal; il attend le
jour Où il pourra rentrer, libre de prier Dieu en sa langue, sans qu’il
soit puni de ce chef comme un criminel de droit commun. La frontière
lui est hermétiquement fermée: il ne peut ni recevoir une lettre des
siens, ni leur écrire, — situation unique en Europe. Conçoit-on les afres
dans lesquelles vit l’émigré bulgare ?
Tel est le bilan de 10 ans de protection des minorités bulgares
de la part de la S. D.N. Disons — le hardiment, sans crainte de déplaire
à qui que ce soit, que la seule possibilité de cette protection contribue
largement à faire empirer leur situation et à la rendre intenable dans
les Balkans. Dans tous les Etats où vivent des minorités bulgares
une chasse à courre a été organisée contre ces pauvres gens, dans une
conspiration du silence, pour qu’aucune réclamation de leurs droits ne
parvienne devant l’opinion publique. Les gouvernants attendent du temps,
leur complice, à ce qu'ils croient, le succès de l'assimilation violente.
Sont-ils, donc, si dangereux ces malheureux êtres pour être soumis
à un régime qui est la honte de l'humanité ?
Dans leur situation atroce il ne s’agit plus des droits des minodités
; il suffit qu’ils aient les droits de l’homme, les plus élémentaires,
leur vie et leurs biens assurés.
On a vu que dans les trois Etats qui enserrent la Bulgarie dans un
étau, les Bulgares sont considérés comme des ennemis qu’il faut exterminer
parce que par leur ténacité à rester fidèles à leur nationalité ils
dressent un obstacle infranchissable à la formation des Etats unitaires,
sans mélange, sur le modèle des Grandes Nations de l’Europe.
En Serbie, dès qu’un Bulgare est tant soit peu aisé, on ne le
laisse pas faire le commerce seul, sans prendre un associé serbe. Des
colons serbes sont amenés de toutes parts pour occuper les maisons des
paysans et usurper leurs terres, De même en Grèce et en Roumanie ;
toutes les mesures sont prises pour contraindre le Bulgare à émigrer
même s’il ne manifeste pas sa nationalité — s’il est tant soit peu dans
l’aisance.
Spectacle navrant, pendant que ces horreurs se passent dans les
nouveaux Etats qui doivent leur fortune à la victoire des alliés, Serbes,
Grecs et Roumains sont frappés par l’amnésie à tel point qu’ils ne se
souviennent pas de ce qu’ils ont souffert [eux-mêmes pendant qu’ils
étaient des minorités en Autriche-Hongrie, en Turquie et en Russie. Ils
ont totalement oublié leurs souffrances et leurs récriminations ; on dirait
qu’ils veulent venger leurs souffrances d’antan sur les Bulgares innocents.
—AÂAveuglés par leurs succès inespérés, ils ne peuvent pas s’apercevoir
du mal qu’ils font à leurs compatriotes. D'opprimés ils sont devenus
oppresseurs des minorités, ils ne savent pas ce que c’est la liberté. Ils