et du matérialisme conduisent à une nouvelle conception de l'Etat moderne.
Les idées de religion et de nationalité, loin de s’y opposer, convergent
harmonieusement pour le plus grand bien des nations. Il n’y a
pas, il ne peut pas y avoir, incompatibilité entre majorité et minorité
nationales. Une coopération bien comprise entre ces différents éléments
contribuent à la sûreté, à la prospérité de l’Etat moderne,
C’est vers cet idéal que les nouveaux Etats doivent tendre, c’est
le système qui a été suivi en Tchécoslovaquie, en Bulgarie et en Esthonie
; c’est de cette façon-là, inspirés par ces idées, qu’ils surent s’attacher
les éléments qui les composent.
Si l'assimilation est possible encore de nos jours, elle ne
pourra jamais venir par la force brutale et par la violence; le sentiment
patriotique ne s’inculque pas par Ja terreur. En attendant, il faut penser
avant tout à la paix telle qu’elle a été réglée par les traités de Paris, en
se basant sur le droit international strict. Nous sommes sur le terrain
d’une Convention internationale ; le traité de paix est un contrat international
entre deux parties, tenues de l’exécuter de bonne foi. Dès que
l’une s’y refuse, l’autre, ips0 jure, est dégagée de ses obligations. Les
vainqueurs exigent l’accomplissement des obligations par les vaincus;
c’est juste, mais ceux-ci sont en droit d'exiger ce qui leur est dû ; dans
un contrat bilatéral c’est réciproque; l’obligation de ceux-ci cesse, dés
que ceux-là n’exécutent pas leurs obligations, à moins de proclamer que
les vaincus n’ont aucun droit, il serait plus simple de conclure avec le
célèbre vae victis: C’est la nullité du contrat tout entier. Mais alors
l’annulation des droits des minorités entraînerait l'annulation des obligations
corollaires : elles sont périmées, Que reste-t-il des traités de paix
intangibles ?
Jamais, croyons-nous, la S. D. N. ne peut entrer dans la voie où
ses juristes la poussent. Elle a une mission de paix dans le monde et
pour y arriver elle est tenue de résoudre le problème des nationalités,
commencer par là où il est le plus compliqué et le plus dangereux:
dans les Balkans. Tous les membres de l’Aréopage de Genève, ceux
qui n’ont pas des minorités à assimiler, les petits pays et les neutres
surtout, ont un rôle historique à jouer en prenant l’initiative d’une action
énergique pour arriver à une solution de cette question brûlante, conformément
aux traités. En définitive, il s’agit de la paix universelle, et par
conséquent, de la paix des petits, des faibles et des neutres aussi.
Si dans un avenir proche, la S. D. N. n'arrive pas à fonder - la
paix de l’Europe, si elle s’arrête devant l'opposition systématique des
profiteurs et ménage leur fausse sensibilité, c’en est fait de la paix et,
avec cette paix, d’elle même aussi.
Arrêtons-nous à ces considérations et aux leçons que l'histoire
nous donne. Autour des frontières bulgares sévit une rage de
dénationalisation qui me diffère pas beaucoup d’une guerre sans