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leurs foyers. C’est pour cela que la Serbie, conséquente, demande à sa
voisine, la Bulgarie, de l’aider sur son propre territoire dans ses
œuvres crimineles.
La génération présente des réfugiés macédoniens en Bulgarie passera:
d’autres viendront; elles se souviendront toujours que leurs
ancêtres sont nés dans un beau pays asservi, foulé par l'étranger, où
elles voudront retourner libres. Il restera des émigrés macédoniens
aux Etats-Unis; là aussi. dans le lointain pays d'outre-mer, leur esprit
national est vif et combatif; ils s'organisent en confréries macédoniennes
pour le culte du souvenir et de la liberté de leur patrie.
Les Bulgares Macédoniens ont une histoire pleine d exploits
héroïques, Depuis un siècle, du temps des voïvodes, des haïdouks
ils ont mené le bon combat contre la tyrannie turque. Aujourd’hui
ils continuent pour leurs droits sacrés. On les a démembrés,
on les a séparés par des tranchées, entourés de fils barbelés séparés
par des murailles de Chine. Ce qu'on ne peut pas obtenir, c'est de
couper leur âme en morceaux. Leur refuser de se sentir partie d’un
tout national, renier leur droit de se souvenir des luttes communes, des
douleurs et des joies vécues avec l’ensemble des autres Bulgares, c’est
Jeur demander quelque chose d’impossible. Les Serbes n’y parviendront
pas, en dépit de toutes les mesures draconiennes avec lesquelles ils les
martyrisent. Ils n’arriveront qu’à aviver la haine contre des tyrans pires
que les Turcs. Quand ils nient la nationalité des Bulgares Macédoniens,
demandez-leur, simplement, ce que signifie le traitement qu'ils font
subir à leurs nouveaux frères libérés“. Est-ce qu’on martyrise des
frères à ce degré? Dans cette réponse réside la preuve la plus éclatante
de la nationalité des Macédoniens.
Dans l’attachement des Bulgares à leur sol natal, il y a quelque
chose de mystique que nous sommes incapables de saisir et de comprendre:.la
foi indomptable des premiers chrétiens, qui tient du sublime
et va jusqu’à l’abnégation de soi-même. Les Bulgares ont la réputation
d’être très opiniâtres; elle est méritée quand il s'agit de leur sentiment
national. Durant cinq siècles, sous la tyrannie des Turcs, ils ont pu conserver
leur nationalité, malgré toutes les vicissitudes. Ils souffrirent dans
leur personne, mais en ce qui concerne la religion, la langue, la culture,
ils jouissaient d’une pleine iberté. C'était, comparé au régime
actuel, sous des chrétiens civilisés, une époque idéale. Quel miracle!
défendre aujourd’hui le passé sous les Turcs, plaider leur réhabilitation!
Les nouveaux maîtrés des Bulgares Macédoniens sont des parvenus.
Dénigrés, noircis, calomniés, depuis dix ans, ces Bulgares entêtés ne se
sont pas laissés intimider. À leurs ennemis, ils ont opposé leur ténacité.
lls continueront, eux et leurs descendents.
L'esprit national des Bulgares opprimés ne peut pas être supprimé;
nouveau Protée, à chaque oppression, il rebondit, avec un redoublement
de force et continue sa marche triomphale malgré tous les obstacles,
Il y a des valeurs morales qui résistent au temps et à la violence