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La conscience nationale, souffle de l’âme éternelle, en est une, Maîheur à
ceux qui ne le comprennent pas, à ceux qui espèrent arrêter sa marche
envahissante dans les Balkans, comme ailleurs. Mais vous nous
dîtes: avec vos minorités vous ébranlez les bases de l'Etat, vous menacez
la paix ; cette question ne doit pas devenir une machine de guerre,
silence au nom de la paix! Est-il permis de demander si, irivoquer
les traités de la paix signifie les ébranler? Ces traités, dont les
minorités se réclament ne sont-ils pas des machines de paix? Vous
parlez de la paix ; expliquez nous de quelle paix il s’agit, parce que la
nôtre, celle de chez nous, c’est la guerre contre tout ce qui nous est cher,
contre tout ce qui donne un prix à notre vie. La guerre vaut mieux que
cette paix; mous n’en voulons pas; nous sommes en état de
légitime défense et nous luttons pour nous défendre. Qu'est-il resté de
la noble pensée de Wilson ,Le droit est plus précieux que la paix“
(,the right is more precious than peace“). Pour les Macédoniens, la
paix qu’on leur impose n’est qu'un esclavage déguisé qui en a fait des
,rayas“ privés de tous les droits qu’ils avaient sous les Turcs. De quelle
paix peut-il être question en Macédoine? Une paix imposée par les
prisons et les potences. — Tout est tranquille en Macédoine: on n’y
entend que le choc des chaînes. Tout espoir est en train de disparaître.
Les minorités bulgares seraient-elles coupables si elies employaient des
moyens qui pourraient mettre en danger la paix dans les Balkans? Acculées
à ce point qu’il leur est défendu d'adresser une plainte à la S. D.
N., que leur reste-t-il pour jouir de cette paix, pire qu’une guerre permanente?
[1 y a une certaine limite à la patience la plus angélique. Dans
la paix illusoire et précaire où ils vivent, nul homme de coeur ne peut
leur demander de tendre le cou au bourreau sans un cri, sans un geste
de révolte.
Les minorités bulgares en Serbie, en Grèce et en Roumanie subissent
un traitement qui les ravale au rang des parias de l’Europe, du
seul fait qu’elles sont des minorités et réclament les droits élémentaires
inscrits dans les traités de paix et mis sous la protection de la S. D. N.
Tous nient les faits et vont jusqu’à prétendre que sur leur territoire
des minorités bulgares n’existent pas. Quand ilsen auraient même,
les plaintes sont des accusations calomnieuses, prétendent-ils, Qui croire,
à qui se fier? la S. D. N. est arbitre; elle doit être impartiale et objective.
Entre les deux parties en cause, elle ne croiera que ses propres
yeux: une enquête sur place est indispensable. Mais déjà on entend
fes clameuwrs du choeur des profiteurs, qui s'empressent de se cacher derrière
le paravent de leur souveraineté; ils parlent d’offense à leur dignité
nationale, Ne s'aperçoivent-ils, que s'opposer à tout ce qui peut
faire jaillir la lumière dans cette controverse, c’est déjà avouer leur culpabilité
et prononcer leur condamnation ?
Spécialement pour les Serbes, c’est une maladie incurable.
Depuis un siècle déjà les Kära-Georgitch et les Obrénovitch se succèdent
sur le trône de la Serbie à la suite de pronunciamientos, entre-