PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
S 1. L’épargne-économie
C’est l’art de satisfaire à ses besoins en consommant le
moins de richesses possible, c’est-à-dire à tirer le meilleur
parti des denrées ou de l'argent qu’on a à sa disposition, à
les économiser, au sens propre de ce mot. C’est une applica-
tion du principe hédonistique qui consiste, comme nous le
savons, à se procurer le maximum de satisfaction avec le
minimum de sacrifices.
Nous avors déjà vu, à propos de l’intégration de l’indus-
trie, quelle importance grandissante prenait l’économie des
matières premières et de la force, soit par l’utilisation des
déchets industriels transformés en sous-produits, dans les
usines à gaz, dans le raffinage du pétrole, dans le peignage
de la laine (p. 111), soit par la récupération de la chaleur
perdue dans les gaz jaillis des hauts fourneaux ou celle du
coke incandescent.
Mais cette science de l’économie n’a pas moins d’impor-
tance dans la consommation que dans la production. On ne
l’ignorait pas dans la vie domestique et sous la forme modeste
d’économie ménagère. Une habile ménagère saura faire
cuire et apprêter son dîner avec deux fois moins de charbon
et moins de beurre qu’une autre qui les gaspillera et, mieux
que cela, elle saura, avec une moindre somme d'argent,
faire un menu plus nourrissant pour son mari et ses enfants.
On a assez vanté depuis la guerre les vertus de la marmite
norvégienne comme économie de combustible. Ce n’est pas
seulement pour l'alimentation mais pour les besoins de tout
ordre que l’économie trouve sa place : un homme soigneux
conservera un habit à l’état de neuf trois fois plus longtemps
que tel autre qui l’usera de suite. Et tel avec un modeste
budget arrive à se procurer autant de satisfaction ou même
à mener aussi grande vie que tel autre qui a, comme on dit,
les mains percées. L’économie est un art véritable et qui,
comme tous arts, a besoins d’être appris. Ce serait un grand
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